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Pour une fois, il ne s’agit pas de migrants clandestins subsahariens qui tentent de franchir le haut grillage séparant le Maroc du territoire occupé par l’Espagne, l’enclave de Sebta ou Ceuta pour les espagnols, qui ne fait parler d’elle finalement dans l’actualité qu’en raison des drames humains produits par la misère qui s’y déroulent comme en ce moment.
Pour la seconde fois en l’espace de quelques jours, deux femmes vivant de la contrebande des deux côtés de la frontière sont mortes en raison des conditions inhumaines dans lesquelles elle traversent quotidiennement la frontière pour faire vivre leurs familles.
Celles que l’on surnomme les fourmis et qui transportent sur des kilomètres, malgré leur âge avancé des ballots de plusieurs dizaines de kilos de marchandises achetées dans l’enclave à de très bas prix, doivent braver en outre différents rackets et les vols commis par des bandes organisées ne connaissent que ce métier aléatoire pour survivre et ne sont jamais sûres de retourner chez elles, saines et sauves, le soir venu.
Les deux décès de ces derniers jours suite à des bousculades appellent les autorités marocaines et espagnoles, chacune de leur côté, à une révision en profondeur de ces passages quotidien pour des femmes dont c’est le gagne-pain mais qui ne bénéficient d’aucune protection ni d’organisation au poste-frontière pour faciliter leurs déplacements.
Peu évident quand on sait que le Maroc les considère comme une économie informelle qui lui fait perdre des milliards de dirhams chaque année.
Par Jalil Nouri

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