Les Égyptiens bravent l’interdiction de manifester, au moins 500 personnes arrêtées

Les Égyptiens bravent l’interdiction de manifester, au moins 500 personnes arrêtées

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Pour la deuxième journée consécutive, les Égyptiens ont défié mercredi le pouvoir dans la rue. Des affrontements ont opposé les manifestants à la police dans le centre du Caire et dans la ville de Suez, à l’est de la capitale égyptienne. Environ 2000 personnes s’étaient rassemblées dans cette dernière, selon des témoins, alors qu’aucune estimation n’a pour l’heure été donnée sur le nombre de protestataires dans la capitale. Au moins 500 personnes ont en tout cas été arrêtées. Parmi elles, environ 90 se trouvaient dans le secteur de la place Tahrir, dans le centre du Caire, et 121 à Assiout, au sud de la capitale égyptienne, sont membres de l’organisation islamiste des Frères musulmans, officiellement interdite mais tolérée dans les faits.

Les manifestants répondaient à l’appel du «Mouvement du 6 avril» – un groupe de militants pro-démocratie – à une nouvelle journée de mobilisation. Ils ont ainsi bravé l’interdiction proclamée mercredi par le gouvernement, qui a prévenu qu’«aucun acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis». Le site de micro-blogs Twitter est par ailleurs devenu mardi inaccessible dans le pays, affirme le site herdict.org. Mercredi, c’est le réseau social Facebook qui a subi le même sort.

Quatre morts mardi

La réaction du gouvernement faisait suite aux manifestations hostiles au président Hosni Moubarak qui ont rassemblé mardi des milliers de personnes et fait quatre morts. Plusieurs mouvements militant pour la démocratie avaient fait de cette journée une «journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage». Dans la capitale, environ 15.000 personnes ont manifesté. En face, entre 20 et 30.000 policiers étaient mobilisés. Des rassemblements ont également eu lieu en province, d’Alexandrie, au nord, à Assouan, au sud, dans le delta du Nil ou dans la péninsule du Sinaï. À Suez deux manifestants, touchés par des balles en caoutchouc, sont morts après des heurts avec la police. Un troisième est décédé mercredi dans cette même ville des suites de ses blessures, tandis qu’un policier a été battu à mort par des protestataires au Caire, selon le ministère des Affaires étrangères. Dans la nuit, les forces de l’ordre égyptiennes ont dispersé avec de nombreux tirs de gaz lacrymogènes les milliers de manifestants encore présents sur la place Tahrir, située dans le centre du Caire et proche de nombreux bâtiments officiels.

Les manifestants, parmi lesquels de très nombreux jeunes, scandaient des slogans en faveur de réformes sociales et politiques. Certains slogans, comme «La Tunisie est la solution» ou «Après Ben Ali, à qui le tour ?», étaient directement inspirés par les événements tunisiens qui ont conduit à la chute du président après 23 ans de règne. Des manifestants ont également scandé «Moubarak dégage», visant directement le président égyptien en place depuis 29 ans.

Cette mobilisation a reçu le soutien de l’opposant Mohamed ElBaradei, ancien responsable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les Frères musulmans, à la forte capacité de mobilisation, et le Wafd, premier parti d’opposition laïque, ne s’étaient pas officiellement associés au mouvement, tout en indiquant que leurs jeunes militants pouvaient se joindre aux cortèges. Qualifiant les organisateurs des manifestations d’«inconscients», le gouvernement avait de son côté prévenu que les autorités ne prendraient «à la légère aucune atteinte aux biens ni aucune infraction à la loi».

La Maison Blanche a appelé mercredi l’Egypte, un de ses proches alliés, à lever l’interdiction de manifester.

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