Les hommes aussi peuvent manquer de libido

Les hommes aussi peuvent manquer de libido

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Contrairement à une idée reçue, le manque de désir sexuel n’est pas seulement l’apanage des femmes ni même la conséquence de l’âge. C’est ce que démontre l’étude du Pr Leonard Derogatis (Université Johns Hopkins, États-Unis) à paraître dans le Journal of Sexual Medicine. Déjà, en 2008, la référence sur la sexualité des français, l’enquête CSF (Inserm-Ined-ANRS) dirigée par Nathalie Bajos et Michel Bozon, avait montré que 20% des hommes ressentaient parfois un manque de désir sexuel, voire souvent pour 2%. Toutefois l’enquête ne disait rien des causes de ce manque de libido.
Les hormones ont bon dos

Et des causes possibles, il y en a beaucoup. Très schématiquement (trop!), on distingue les causes organiques (physiques) et les causes psychologiques. On accuse par exemple le manque de testostérone d’être responsable d’un manque de libido chez l’homme. En réalité, s’il est vrai que le déficit hormonal peut s’accompagner d’un manque de désir, c’est loin d’être systématique. D’ailleurs, en 2009, des chercheurs de l’université de Florence (Italie) ont montré que la corrélation n’était significative que pour des hommes de moins de quarante ans. À elle seule, une testostérone basse suffit rarement à expliquer un problème de libido.

Quoi qu’il en soit, en étudiant un groupe de 464 hommes âgés de 25 à 64 ans, Derogatis et ses collègues ont pris soin d’exclure ceux qui avaient un taux de testostérone bas. Ils ont aussi écarté ceux ayant d’autres causes possibles de baisse de libido: les hommes qui avaient, ou avaient eu, une dépression et ceux qui prenaient un médicament réputé pour interagir avec la sexualité. Enfin, ils ont éliminé les hommes qui souffraient d’un problème sexuel particulier, notamment une dysfonction érectile ou une éjaculation précoce.
L’intrication des troubles sexuels

Il arrive en effet que le désintérêt pour la sexualité vienne d’un trouble sexuel compromettant le caractère habituellement récréatif et ludique de celle-ci. L’acte sexuel s’apparente alors pour l’homme à une épreuve, un examen de passage ou pire, un test de virilité, et son désir peut être submergé sous la crainte de l’échec. L’enquête nationale suédoise réalisée en 1999 avait aussi confirmé la complexité fréquente des troubles sexuels: 45% des hommes qui avaient un manque de désir sexuel avaient aussi une dysfonction érectile, 26% une éjaculation précoce. De plus, la partenaire de ces hommes avait aussi fréquemment des difficultés, notamment un manque de lubrification (39%) ou des difficultés à avoir un orgasme (24%). On comprend que le sexologue doive démonter la mécanique de l’interaction sexuelle du couple.

Dans l’étude américaine, après avoir écarté de l’étude toutes ces causes fréquentes de manque de libido, il ne restait plus que 200 hommes sur les 464 du groupe initial! Mais parmi eux, on en comptait encore 109 souffrant d’un manque de libido et 91 ne se plaignant de rien. C’est donc ces deux groupes que les chercheurs ont comparé grâce à une batterie de questionnaires. Première surprise, il y avait autant d’hommes ayant des maladies ou prenant des médicaments dans les deux groupes. Preuve qu’il est un peu simpliste de vouloir systématiquement expliquer un trouble de la libido par un problème de santé. Heureusement d’ailleurs, la sexualité n’est pas réservée aux gens en bonne santé!
L’âge n’est pas une excuse

Deuxième surprise des chercheurs: l’âge n’explique pas le manque de désir sexuel. Certes l’enquête nationale française CSF indiquait bien un accroissement sensible du manque de libido occasionnel après la cinquantaine, mais ce que démontre l’étude de Derogatis c’est que l’âge n’est pas à lui seul une cause suffisante.

Autre erreur conceptuelle fréquente: on compare souvent le désir sexuel à un besoin naturel, comme la faim, la soif ou le sommeil. En réalité, contrairement à ces trois besoins vitaux, la sexualité n’est pas indispensable. Plus subtil encore, les sexologues distinguent désormais le désir sexuel endogène (venant de l’intérieur, les pensées), produit par notre cerveau grâce à une chimie qui nous échappe en partie et le désir sexuel exogène (produit par l’extérieure), induit par des stimulations sensorielles (visuelle, auditives etc.). Ne fonctionner que sur un mode exogène n’est pas obligatoirement le signe d’un problème de libido.
Le piège du couple

Il est vrai que les premières années du couple, les deux types de désirs interagissent et s’alimentent sans qu’il soit facile de les démêler, donnant l’impression que l’on éprouve tous un désir endogène. Mais au fil du temps, les spécificités du couple formé s’affirment et il est fréquent qu’il y ait un partenaire à plus haut désir sexuel que l’autre. Un peu comme si l’un des deux rechargeait sa batterie du désir plus rapidement. Il se retrouve ainsi plus souvent, voire toujours, être celui qui propose un acte sexuel. L’autre enfile alors l’habit de régulateur de la sexualité du couple en acceptant ou refusant l’acte. Ce n’est pas forcément grave d’ailleurs: si le couple gère harmonieusement le décalage des désirs, autrement dit si le proposant accepte de bon cœur les refus éventuels de l’autre et que le refusant ne ressent aucune pression, les choses se passent généralement bien. En revanche, lorsque les partenaires vivent mal la situation, l’un(e) se sentant rejeté(e) et l’autre sous pression de passer à l’acte, un désamorçage du désir sexuel peut se produire. Il est alors temps de consulter un spécialiste.

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