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C’est une grande première qui vient d’avoir lieu dans une instance officielle, le CNDH, dont le secrétaire général, a reçu récemment une délégation de marocains convertis à la religion chrétienne, venue présenter une liste de revendications, preuve que les minorités s’émancipent.
Que dirait-on alors si le Conseil National des Droits de l’Homme recevait au grand jour des représentants des marocains chiites, des homosexuels, des jeûneurs du ramadan, auxquels il sera difficile après ce précédent avec les chrétiens, de leur interdire l’accès à un bâtiment officiel alors qu’ils agissent dans l’illégalité la plus totale. Mais il sera très difficile pour les autorités pour les embarquer et les emprisonner tant les choses ont changé. Et de ce point de vue là, les choses ont réellement changé, puisque la délégation de musulmans convertis au christianisme ont eu tout le loisir, sans crainte de briser un grand tabou, de revendiquer un certain nombre de droits qui va de la reconnaissance officielle de leur statut, à la possibilité de se rendre librement dans les églises sans être persécutés, d’enseigner leur nouvelle religion à leurs enfants et les convertir, de contracter des mariages chrétiens civils et religieux et enterrer leurs morts dans des cimetières réservés aux personnes de cette confession . De plus, ils n’ont pas hésité à réclamer leur inscription sur les registres de l’état-civil sous leurs propres nouveaux noms chrétiens tout comme leurs enfants. Mais leur vœu le plus cher est de vivre normalement à l’abri des persécutions dont ils se disent victimes, les extrêmistes marocains continuant à réclamer la peine de mort pour leur trahison à leur religion originelle.
Par Jalil Nouri

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