Les Marocains de New York affluent aux urnes

Les Marocains de New York affluent aux urnes

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Dans une ambiance bon enfant, les membres de la communauté commençaient à se rassembler dans la circonscription de Manhattan devant le Consulat général du Royaume et la Mission du Maroc auprès de l’ONU. Cinq autres bureaux de vote sont disponibles dans les Etats de Floride, de l’Illinois, de Californie, du Texas et du Massachussets.

Aux abords de la mission du Maroc auprès de l’ONU, non loin du siège de l’Organisation mondiale, de nombreux diplomates et hauts fonctionnaires onusiens marocains accomplissaient leur devoir.

Au Consulat Général du Royaume, des membres de la communauté étaient sur place bien avant l’ouverture des bureaux de vote à 8H00 du matin. De nombreux citoyens sont venus « voter dès l’ouverture des bureaux et partir pour le long week-end qui coïncide avec la fête nationale du 4 juillet », a affirmé à la MAP le Consul général, Mohamed Karmoune.

Les Marocains immatriculés au Consulat général de New York et dans sa région sont au nombre de quelque 30.000, indique-t-on auprès de la représentation consulaire.

Vers 13H00, une longue file se formait composée d’universitaires, chercheurs, étudiants, opérateurs économiques, commerçants et simples citoyens établis de longue date aux Etats-Unis ou nouvellement installés se bousculant joyeusement dans l’attente d’exprimer leur avis sur cette nouvelle constitution.

+Processus démocratique+

« Ils ont en commun une intégration relativement réussie dans le pays d’accueil et un attachement à leurs origines », a expliqué Younes Abouyoub, Sociologue et Chercheur à la prestigieuse université de Columbia.

Ils se retrouvent régulièrement, depuis le discours historique de SM le Roi Mohammed VI du 9 mars, dans le cadre d’associations ou sur les réseaux sociaux de partage facebook ou de mini-blogs twitter, ou suivent tout simplement les émissions des télévisions nationales depuis internet pour s’informer, débattre et donner leurs avis, sur les grandes lignes de réformes en cours.

Les sites du Consulat général et « Wafin », visités par quelque 30.000 internautes, les tenant régulièrement informés.

Ils se sont sentis concernés dès le début, puisque le nouveau projet offre la possibilité aux Marocains de l’étranger de participer au processus démocratique au Maroc et jouissent selon l’article 17 des « droits de pleine citoyenneté y compris le droit d’être électeur et éligible », une première qu’ils tiennent à saluer.

Un autre point qui les a convaincu, est « l’approche participative et inclusive » dans l’élaboration du projet de nouvelle constitution, et ce qui retient davantage leur attention, en plus de la parité homme/femme, c’est bien la question des droits de l’Homme désormais conforme aux standards internationaux.

« C’est là, le signe que l’on est réellement dans la bonne direction », résume Mohamed Boutjdir, Directeur de Recherche à l’école de médecine de l’Université de New York (NYU).

Aux Etats-Unis depuis 23 ans, après des études supérieures entamées à Paris, il affirme avoir fait le bon choix en s’installant dans ce pays où le domaine de la recherche cardiovasculaire – sa spécialité – est très avancé, mais il reste très attentif à ce qui se passe dans le pays.

« Je pense être plus utile en participant aux compétences marocaines à l’étranger », a dit à la MAP Boutjdir, par ailleurs très actif au sein de l’association « High Council of Moroccan association of Scholars and Academics » (HC/MASA) basée en Caroline du Nord et qui dispose d’une branche dans plusieurs Etats dont New York.

Partisan du « verre à moitié plein, ce natif de Tafraout, se dit également « ravi » que ce projet élève le Tamazight au rang de langue officielle au côté de l’Arabe. C’est ce qu’il appelle une « cross-pollination », ce riche mélange qui donne une « diversité culturelle saine ».

Comparés aux autres communautés du monde arabe, les Marocains demeurent très impliqués et associés à la marche de développement de leur pays, souligne Younès Abouyoub.

« Il faut savoir que la plupart des associations ont pour vocation de garder le contact avec le pays, mais surtout de développer des partenariats avec les institutions et les individus au Maroc », affirme pour sa part, Hafida Torres, très active dans l’association « Moroccan American House Association » (MAHA), basée à Brooklyn, l’une des cinq circonscriptions de la ville de New York, et dédiée à l’intégration des Marocains nouvellement installés aux Etats-Unis et à la sauvegarde de la culture marocaine.

 

+Projet de société+

Même constat partagé par d’autres citoyens qui estiment que le Maroc n’a pas coupé les ponts avec son élite à l’étranger et construit avec eux ce « nouveau projet de société ».

Là où la société savante et le milieu des affaires ont été poussés à l’exil sous d’autres cieux, le Royaume a maintenu un lien très fort avec sa diaspora, a affirmé Pr Soulaymane Kachani, vice-doyen de la faculté d’ingénierie et des sciences de Columbia University, classée parmi les cinq premières universités au monde.

La diaspora veut « s’investir dans le projet d’avenir » du Royaume, « désire accompagner le changement » à la fois au niveau politique, économique que sociale.

Soulaymane Kachani, également consultant pour des organismes financiers, s’est dit convaincu que ce nouveau texte « va créer un cadre qui va augmenter la confiance des investisseurs étrangers dans le marché marocain et permettre au Maroc de réaliser sa vision de hub financier » pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest et jouer son « rôle incontournable » pour accéder aux marchés européens et américains.

Moulay Idriss Alaoui, jeune consultant dans un cabinet conseil à New York, qualifie de « très bon signal » ce projet de loi fondamentale qui donne des « perspectives à la jeunesse » qui sera sûrement « plus impliquée » dans la marche du pays.

Nabil Ez-Zaoui, Port-folio dans un fonds d’investissement américain, salue cette « étape importante dans l’histoire » du Maroc qui renforce la position du pays en tant que précurseur en matière de développement et de démocratisation dans la région.

Ibrahim T., jeune doctorant en économie à New York, souhaite un « sursaut » des partis politiques qui « doivent tenir leur promesse », tout en rendant hommage à SM le Roi qui a « su être à l’écoute des jeunes ».

Tous les trois sont d’accord pour appeler les partis politiques à « ne pas rater » cette occasion.

Hicham Enhaili, établi aux Etats-Unis depuis 28 ans, dirige « MT global media », une compagnie spécialisée dans le conseil en hôtellerie, salue « les changements positifs » introduits dans le nouveau projet de constitution. Le Maroc a changé et on le « constate beaucoup plus à partir de l’extérieur », dit-il, citant pêle-mêle, la qualité des infrastructures, la confiance des investisseurs étrangers – lui-même compte créer une unité hôtelière à Casablanca prochainement -, l’évolution des médias, la stabilité du pays. Tout cela « inspire confiance », fait-il observer.

Pour Narjiss Oughla, diplômée en marketing de l’université « Rutgers » du New Jersey et active dans le domaine associatif, notamment pour tout ce qui se rapporte à la femme, la nouvelle constitution est un « excellent début » et un très bon pas vers la démocratie.

Selon cette jeune femme de 24 ans, tout ce qui a été déjà fait en faveur de la femme, en allusion au code de la famille, est « très encourageant », mais elle souhaite plus « d’initiatives » pour permettre à la femme de faire face aux problèmes quotidiens.

Nadia M. Femme au foyer qui vit en Caroline du Nord, à quelque six heures de New York, tout comme El Maati El H., qui travaille à l’aéroport JFK, voient dans la nouvelle constitution une réponse à « toutes les attentes du Maroc et des Marocains. On est fier de notre Maroc et de notre Roi ».

 

MAP__________________________

 

 

 

 

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