PARTAGER

Tous les réseaux sociaux utilisés par les marocains de tous âges et de toutes catégories sociales ainsi que tous les médias confondus n’ont plus en ce moment que le nom de « MMi Fatiha », une vendeuse ambulante de crêpes de la ville de Kénitra, décédée après s’être immolée en pleine rue devant un arrondissement de cette ville pour protester contre un abus de pouvoir du caïd.

Après lui avoir signifié à plusieurs reprises l’interdiction de vendre sa marchandise sur la chaussée, l’agent d’autorité a fini par confisquer sa marchandise, la poussant au désespoir dans un geste qui rappelle le destin du héros de la révolution tunisienne, celui par qui elle est arrivée il y a tout juste cinq ans, le célèbre Bouazizi, devenu un symbole de la résistance contre l’arbitraire. Comme lui, ce qui a le plus ému les centaines de milliers de marocains qui continuent de témoigner leur compassion et leur solidarité à celle qu’ils ont érigé au rang de martyr, c’est le combat quotidien de « MMi Fatiha » pour survivre difficilement en ayant plusieurs personnes à charge malgré ses maigres revenus et pour laquelle le caïd n’a jamais montré la moindre compréhension, alors qu’il connaissait parfaitement ses conditions de vie et qu’il savait qu’elle mettrait ses menaces à exécution, étant au bord du désespoir et n’ayant aucune alternative pour gagner son pain quotidien.

De tous les cas d’immolation enregistrés ces dernières années pour les mêmes raisons, celui de « MMi Fatiha » restera un cas à part pour la mobilisation qu’il continue de susciter à travers tout le pays dans un rare climat de tension.

Commentaires