Les marocains souffrent-ils de troubles érectiles ?

Les marocains souffrent-ils de troubles érectiles ?

390
0
PARTAGER

 

Des chiffres alarmants

Il ressort de cet échantillon que 45% des époux souffrent de dysfonctionnements érectiles, selon le président de l’association qui a dirigé cette enquête. « Nous avons voulu étudier le rôle de la partenaire sexuelle dans l’accompagnement, et aussi avoir un éclairage important de la conduite de l’homme face à ce trouble », confie Redouane Rabiî à Panorapost. L’enquête a révélé également qu’ils sont 5% d’hommes uniquement à avoir décidé (ou d’oser) faire déplacement chez le médecin pour trouble de dysfonction érectile.

Lors de la conférence de presse de présentation des résultats de l’étude, mardi 16 septembre à Casablanca, la salle était comble mais, ainsi que l’a précisé la gynécologue Nadia Meziane, ce sujet est paradoxalement encore tabou au Maroc : « Il faut briser ce tabou, car la dysfonction érectile cause de nombreux drames, dont principalement des divorces ». Pour cette enseignante à la faculté de médecine de Casablanca, il faut parler de ces défaillances érectiles à son médecin car l’origine des troubles peut être psychologique ou de nature urologique, et peuvent donc être traités par la parole ou la chimie.

 

Couples en danger sexuel

L’étude, qui a porté sur un échantillon de 655 hommes âgés de plus de 25 ans a montré que 54% d’entre eux souffrent de troubles de l’érection ; de plus, ces dysfonctionnements sont d’autant plus importants que le sujet est analphabète (3,35 fois plus de cas)  ou au chômage (3,24 fois plus). En effet, si le dysfonctionnement érectile touche 10% des cadres, il atteint en revanche 56,8% au sein de la population d’ouvriers.

Au total, et selon l’angle de vue des épouses, elles sont 45% à se déclarer sexuellement non épanouies. Cela pose de sérieux problèmes car en de pareils cas, les réactions des hommes sont presque toujours négatives : 29% renoncent, au désespoir de leurs partenaires, 15% se montrent agressifs et 10% font tout pour obtenir une érection. Au total, seule une femme sur quatre déclare être sexuellement très satisfaite et donc très épanouie.

 

Origines du mal

Sur les 202 femmes mariées interrogées, 56 ont déclaré que leurs époux sont fumeurs (28%),  4 estiment leurs conjoints alcooliques (2%), et 24 (12%) sont mariées à des diabétiques. Ce sont là les principales raisons de la dysfonction érectile.

Il existe aussi des facteurs d’ordre culturel, social ou religieux, qui peuvent expliquer le trouble de l’érection. L’éducation est là clairement mise en cause, tant en ce qui concerne le rapport au sexe et aux tabous qui l’entourent aussi bien chez les garçons que chez les filles, que dans l’approche « machiste » développée généralement chez nos jeunes hommes. Rechercher la performance, passer pour un étalon… sont autant d’éléments de stress qui font parvenir les hommes au résultat exactement inverse de celui escompté, c’est-à-dire pas d’érection du tout, voire à d’autres troubles comme l’éjaculation précoce.

 

Que faire ?

Au-delà de l’éducation des filles et des garçons, il faut donc en parler, ce qui signifie préalablement surmonter les tabous sociaux et arriver à la conclusion que des médicaments comme le Viagra ou d’autres ne sont absolument pas la panacée.

L’action à mener doit donc passer par deux canaux différents, en fonction des populations ciblées. Ainsi, d‘une part, pour les adultes, il faut mener des campagnes de sensibilisation et, comme le dit le Pr Redouane Rabiî, « considérer le trouble érectile comme un problème de santé publique ». les pouvoirs publics doivent donc prendre ce problème à bras le corps et prendre également la décision de faire rembourser les soins des défaillances érectiles, car ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui. D’autre part, il y a aussi les populations jeunes ; pour cette catégorie, il est important d’introduire des cours d’éducation sexuelle dans les manuels et les programmes scolaires, mais là aussi, on se heurtera à une très forte résistance sociale de la frange conservatrice – et nettement majoritaire – de la population.

Source : panorapost.com

Actu-maroc.com _______________________________________

Pour vos publications et vos courriers : actumaroc@yahoo.fr

Commentaires