Les médias marocains ne satisfont que partiellement les besoins des jeunes (étude)

Les médias marocains ne satisfont que partiellement les besoins des jeunes (étude)

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(Par Azedine Lqadey)

 

Cette enquête de terrain réalisée, dans le cadre du Dialogue national médias et société, sur un échantillon de plusieurs centaines de jeunes âgés ente 15 et 29 ans couvrant neuf régions économiques « où l’infrastructure et les produits médiatiques sont fortement implantés », a montré que les jeunes ont surtout besoin de programmes qui se rapportent aux études, qui leur offrent des

idées intéressantes sur la vie et les relations sociales, qui traitent les problèmes réels et concrets de la jeunesse et de la société, et qui se réfèrent, en particulier, à la culture et aux valeurs locales et nationales.

L’étude a été menée par une équipe conduite par le sociologue Mokhtar El Harras et composée d’une statisticienne, de 3 superviseurs choisis parmi les doctorants en sociologie et justifiant d’une expérience probante dans la supervision des enquêtes nationales, de 6 facilitateurs locaux et de 15 enquêteurs qualifiés, poursuivant leurs études en Master de sociologie à Rabat.

Signalant que 88,7 pc des jeunes consultés ne connaissent pas le « Dialogue national : Médias et Société » et que 95,7 pc d’entre eux ne savent pas qu’ils peuvent participer au Dialogue national à travers le site (www.mediasociete.ma), l’étude relève que peu de jeunes lisent la presse régulièrement (9,1 pc), près des trois quarts des jeunes répondants écoutent la

radio, soit continuellement soit de manière intermittente et 79 pc d’entre eux regardent la télévision « tous les jours ».

De même, trois quart des jeunes n’achètent ni revues, ni journaux marocains, 90 pc n’achètent ni revues ni journaux étrangers et 70 pc ne souhaitent pas devenir journalistes.

Les jeunes s’ouvrent de plus en plus sur les NTI, notamment le téléphone cellulaire et l’internet, sachant que près du tiers des jeunes ayant un ordinateur sont toujours dans le besoin d’une connexion internet.

+ Internet, le média qui inspire le plus de confiance ? +

Selon l’étude, la plupart des jeunes usagers de l’internet sont en train de l’utiliser de plus en plus en tant que source d’information, de contact avec les autres et de loisirs. C’est le média qui « leur inspire le plus de confiance ».

Pour M. Mokhtar El Harras, les jeunes qui sont restés des siècles durant privés de parole, s’approprient, à leur manière, les nouvelles technologies de la communication et expriment leurs points de vue sur l’état et l’évolution de leur société et les événements qui se produisent à l’échelle internationale.

Des moyens médiatiques tels que la radio, la télévision, l’Internet, le téléphone portable à tous se sont convertis dans la vie des jeunes en moyens familiers dont ils se servent pour satisfaire leur curiosité et leur besoin de communication avec les autres.

« La jeunesse est investie, entre autres, en tant que référent de certaines stratégies de marché où elle est saisie, autant sous l’angle de son potentiel de consommation de biens et services, que sous celui des conduites et pratiques

dont les médias en sont largement le reflet », fait-il remarquer, en rappelant à

cet égard que les efforts déployés par le Maroc pour faciliter la transition vers l’émergence d’une « société de la connaissance  » fondée sur les principes de la liberté d’expression, de l’accès universel à l’information et la connaissance, de l’égalité d’accès à une éducation de qualité et de la promotion de la diversité culturelle.

Pour de nombreux jeunes, l’internet s’est déjà converti en un espace social, un moyen audio-visuel interactif et démocratique.

Après le téléphone cellulaire, Internet est le moyen médiatique qui s’est le plus développé parmi les jeunes marocains tout au long de la dernière décade. Il leur facilite l’accès rapide et la mobilité entre différentes sources d’information.

L’étude souligne que l’Internet suscite l’intelligence des usagers, renforce leur attitudes de tolérance face à la diversité et les met au coeur de la culture mondialisée.

Il permet aux jeunes d’avoir leur espace virtuel propre qui représente pour eux une sorte de réaction face à la faillite de l’école où prédomine la culture

adulte.

Internet représente un potentiel considérable en matière de communication et d’information et les jeunes en font usage à plusieurs niveaux de leur vie personnelle, scolaire et professionnelle. Ils ont des modes d’usage linguistiques qui leur sont particuliers, mais des liens non encore solidement tissés avec les journaux électroniques et les sites institutionnels.

L’étude a montré que près de 80 pc de jeunes interrogés, soit ne possèdent pas d’ordinateur utilisé individuellement, soit n’ont pas d’ordinateur du tout,

et que les jeunes sont surtout intéressés par les sites institutionnels culturels, sportifs et à un moindre degré, politiques et artistiques, en plus de sites tels que Facebook et Youtube qui favorisent le développement de réseaux sociaux.

 

+Les jeunes et la radio : musique et débat de société+

Les jeunes constatent que les stations de radio se sont multipliées et diversifiées au Maroc. Un fait qu’ils évaluent positivement, notamment quand ils prennent en considération la « qualité nouvelle des émissions radiophoniques

et l’interaction avec l’audience ».

Selon un ordre de préférence, les jeunes écoutent surtout des émissions musicales, sociales, informationnelles, culturelles, programmes de divertissement, religieuses et coraniques mais en termes de fidélité à une station de radio en particulier, l’étude note que 58,2 pc de jeunes ne le sont à aucune.

Du point de vue des jeunes, la qualité d’une station de radio se mesure à la force du lien qu’elle entretient avec les réalités sociales concrètes.

Elle est également jugée positivement ou négativement selon le degré de son ouverture sur les événements qui intéressent les arabes et les musulmans en général.

+ Une préférence pour la presse indépendante de langue arabe+

En dépit de l’apparition de la radio, puis de la télévision et finalement des médias digitaux, la presse résiste indéniablement à tous les présages d’éclipse.

Il n’en demeure pas moins, cependant, que des craintes et des doutes existent bien quant à la continuité de cette résistance lors des années à venir.

Au Maroc et selon les résultats de l’étude, peu de jeunes lisent la presse régulièrement (9,1pc), alors que 37,8 pc le font de manière irrégulière.

La proportion des jeunes restante, soit 46,9 pc, correspond à ceux qui ne sont pas concernés du fait de leur analphabétisme, manque de moyens ou inaccessibilité, ainsi qu’à ceux qui ne lisent pas la presse du tout ou la lisent rarement.

En dépit de ce constat, qui révèle bien l’ampleur de l’effort à déployer en vue d’intéresser davantage les jeunes à la lecture de la presse, l’étude révèle que les jeunes lecteurs préfèrent les journaux indépendants et particulièrement

ceux édités en langue arabe.

Si la lecture régulière et irrégulière des journaux est le fait de 41,3 pc de jeunes, son équivalent en rapport avec les journaux électroniques ne concerne que 20,1 pc des jeunes.

A ce niveau, il faut signaler que l’expérience des journaux en version électronique au Maroc vient tout juste de démarrer et il lui faut plus du temps pour atteindre le stade de « maturité  » que la presse écrite n’a pu relativement

atteindre qu’après plusieurs années d’évolution.

+ Télévision: Les jeunes téléspectateurs regardent ailleurs+

La télévision est en train de connaitre, comparativement à d’autres médias, une diffusion inégalée. C’est justement cette capacité de la télévision à toucher des gens de toutes les catégories sociales, et en plusieurs endroits proches et lointains, tout en utilisant des techniques de diffusion des images qui affectent leurs émotions et leur imagination, qui fait d’elle un dispositif

médiatique dont il faut absolument tenir compte dans toute tentative d’émancipation des jeunes.

Les données de l’enquête révèlent que les jeunes sont majoritairement des téléspectateurs assidus. Une proportion de 79 pc d’entre eux regarde la télévision « tous les jours » et 14,7 pc pendant « quelques jours de la semaine ».

Il s’est avéré aussi que les jeunes filles sont plus assidues face à la télévision que les jeunes hommes et que 57,4 pc de jeunes regardent surtout les chaînes étrangères et 40,6 pc suivent surtout les programmes des chaînes marocaines.

Toutefois, la proportion des jeunes préférant suivre les informations sur une chaîne TV marocaine est presque le double de celle des jeunes qui préfèrent suivre les informations sur une chaîne étrangère (52,9 pc contre 28,7 pc).

Le désir des jeunes de savoir ce qui se passe dans leur pays prime sur leur curiosité pour les informations internationales.

S’agissant des programmes préférés par les jeunes, l’étude a conclu que les « films » attirent le plus grand nombre de téléspectateurs parmi les jeunes.

Loin derrière, viennent selon un ordre, décroissant, les « informations », les « documentaires », les « feuilletons », les « programmes sportifs », les « programmes religieux « , les « programmes musicaux », les « programmes scientifiques et culturels », etc.

Les moyens de communication font partie intégrante de la vie quotidienne des jeunes, et partant, de leur famille. Tous les médias sans exception affectent la continuité et la constance des relations familiales.

Plus que jamais, souligne l’étude, le risque majeur réside dans le fait que le temps consacré à la consommation des productions médiatiques dépasse largement le temps passé en interaction avec les membres de leur famille.

En tous cas, la jeunesse tire profit de la convergence technologique entre les médias traditionnels et digitaux et des connexions qui rapprochent les uns aux autres.

(L’étude peut être consultée sur http://www.mediasociete.net/).

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