Les partis politiques appelés à s’approprier la nouvelle constitution pour sa mise...

Les partis politiques appelés à s’approprier la nouvelle constitution pour sa mise en oeuvre (politologue)

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« Certes, la quasi-unanimité de la classe politique après le discours royal est importante. Mais elle n’est pas décisive. Il est primordial que les partis s’approprient cette nouvelle constitution en vue de sa mise en oeuvre », a indiqué M. Tozy dans un entretien paru lundi au quotidien français +Le Figaro+.

L’universitaire, membre de la Commission consultative de révision de la constitution, a souligné l’enjeu du nouveau texte, notant qu’au niveau du partage du pouvoir au sein de l’exécutif, « quelque chose d’important » se construit autour de deux espaces: « le Conseil des ministres, qui continue d’être présidé par le Roi et dont les prérogatives concernent les décisions stratégiques, et le Conseil du gouvernement, qui met en oeuvre les politiques gouvernementales ».

Pour le politologue, le contenu de « ce nouveau jeu d’équilibre » sera important, « si la classe politique sait relever le défi qui lui est offert par le Roi ».

Il a estimé que l’une des conditions du succès de cette nouvelle page dépendra du « renouvellement » de cette même classe politique, et de « son indispensable rajeunissement » dans la mesure où « ceux qui dirigent les partis auront des difficultés à occuper le nouvel espace politique, ouvert par le Roi ».

Interrogé sur la place de la monarchie dans le projet de la nouvelle constitution, il a souligné que ce texte marque « un pacte rénové entre le Roi et le peuple marocain, dont l’un des principaux fondements est la désacralisation du pouvoir du souverain ».

« Désormais, nous sommes en présence d’un régime parlementaire, peut-être pas tout à fait complet, mais qui institue la souveraineté nationale comme source unique du pouvoir exécutif », a-t-il dit.

Certes, selon lui, le Roi garde la gestion directe de l’armée et la responsabilité du champ religieux, « mais c’était une demande des partis de gauche, notamment ».

« Avec la désacralisation de son pouvoir, les actes du Souverain sont désormais susceptibles de recours, y compris les révocations et les nominations », a-t-il expliqué.

Sur le volet de l’indépendance de la justice, M. Tozy a relevé que si, dans le nouveau texte, le Souverain préside le Conseil du pouvoir judiciaire, il « ne nomme plus les juges, même s’il continuera de valider leur désignation ».

Il a tenu à préciser que « cette prééminence du Roi sur le pouvoir judiciaire correspond à une demande extrêmement forte des juges ».

Pour ce qui est de la reconnaissance du berbère comme langue officielle, l’universitaire a souligné qu’au delà de la portée « symbolique » de cette mesure, elle fait obligation à l’Etat de mettre en oeuvre tous les moyens, en termes de formation des instituteurs par exemple, pour que cette langue, sur le point de disparaître, continue d’exister.

D’autre part, une telle reconnaissance a une conséquence importante sur l’identité marocaine, a-t-il estimé.

A la question de savoir si les réformes constitutionnelles marqueraient la fin du mouvement de protestations au Maroc, le chercheur à répondu « Non » car le Maroc, dit-il, a « besoin de contestation. Mais celle-ci doit se déplacer sur le terrain politique ». Selon lui, c’est « aux partis politiques de relever le défi ».

Quant à la capacité du Mouvement du 20 février de fédérer « des mécontents », M. Tozy a fait remarquer que ce mouvement est composé de nombreux courants: « l’extrême gauche, certains islamistes qui l’utilisent pour négocier de nouvelles positions, les jeunes des partis existants, et enfin les cyber-militants radicaux qui ont perdu la main sur le terrain ».

« Ils peuvent être unis pour manifester, mais quand il s’agit de présenter des propositions claires, leurs divisions éclatent au grand jour », a-t-il conclu.

 

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