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Les pouvoirs publics et le système éducatif ont intérêt à investir dans la nouvelle économie des médias (Etude)

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L’étude, un document d’une quarantaine de pages, se décline en quatre chapitres, sous le titre générique « Médias et technologies de l’Information et de la Communication : (TIC au Maroc : Etat des lieux et pistes de développement) ».

L’auteur de l’étude, Rachid Jankari, affirme, entre autres, que l’avenir des nouveaux médias dépend de plusieurs intervenants. La mise en oeuvre d’une stratégie volontariste est tributaire d’une approche participative et transversale des différents acteurs, tels les ministères de la communication, de la Culture et de l’Education nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique.

Les organismes représentatifs des secteurs des médias en l’occurrence le SNPM et la Fédération marocaine des Editeurs de journaux (FMEJ) doivent être « au coeur de cette dynamique de promotion des nouveaux médias et non pas des forces de résistance » , souligne l’étude, faisant observer qu’ « une démarche d’anticipation de leur part est l’alternative nécessaire pour encourager l’écosystème de changement à permettre au Maroc de s’approprier les technologie de l’information pour mettre à niveau son système médiatique et jeter les bases d’une société de savoir participative et démocratique ».

S’appuyant dans ses conclusions sur les recommandations du rapport de l’Instance sur les nouveaux médias, l’auteur de l’étude relève que la série de mesures proposées dans ledit rapport peut paraître imprégnée par une logique « d’assistanat ». Or, insiste-t-il, le Maroc doit investir dans l’avenir et non pas rester prisonnier d’une logique court-termiste basée sur l’équation « dépenses/recettes ».

Selon lui, Ces recommandations s’articulent autour de six axes stratégiques en l’occurrence « la démocratisation de l’équipement et l’accès Internet », « la formation sur les métiers de nouveaux médias » et « la mise en place de mécanismes de financement des projets de nouveaux médias sur la base d’un modèle économique viable et compétitif « .

Il s’agit également « des modalités d’accès à la profession de journalisme et des médias pour les acteurs potentiels des nouveaux médias », « les nouveaux médias et les enjeux linguistiques » et « la régulation des nouveaux médias au Maroc ».

Avant de suggérer « des pistes de développement » des nouveaux médias, l’auteur de l’étude fait, dans un premier chapitre, l’état des lieux des TIC au Maroc. Ainsi, chiffres à l’appui, il montre l’essor important du secteur. « Aujourd’hui, le seule secteur au Maroc qui enregistre un boom de croissance de plus de deux chiffres est celui des technologies de l’information », fait observer l’étude qui foisonne de données reflétant l’explosion de ce « segment à forte valeur ajoutée ».

Deux millions d’abonnés Internet, plus de 13 millions d’internautes, 32 millions de clients à la téléphonie mobile et plus de 3,7 millions autres à la téléphonie fixe, relève l’étude, rappelant que la vente d’ordinateurs a enregistré également une explosion (178.000 en 2009) et la tendance est appelée à la hausse en 2011 selon les prévisions « optimistes » des professionnels qui évoquent la conjugaison d’une série de facteur plaidant dans ce sens.

Cette dynamique du secteur, poursuit l’étude profite surtout pour le développement du commerce électronique et l’administration électronique qui sont « deux secteurs embryonnaires au Maroc, mais qui connaissent une croissance exponentielle ».

Après avoir mis l’accent sur l’arsenal juridique relatif à la confiance numérique au Maroc, l’étude souligne les efforts déployés par le Maroc pour se doter de zones technologiques dont trois sont déjà opérationnelles (Casablanca technopark- Casanearshore et technopolis à Rabat). « Le Maroc a décidé de régionaliser le concept des zones technologiques à travers l’ouverture d’autres zones d’ici 2015 à Fès et à Tétouan. Parallèlement, le technopark de Casablanca s’active pour ouvrir des antennes dans différentes villes du Royaume », fait remarquer l’étude.

Dans un deuxième chapitre, l’auteur fait « une radioscopie » des nouveaux médias, faisant recours notamment à l’approche comparative.

Les médias au Maroc, qui s’est relié au réseau Internet en 1995, n’ont pu s’intéresser au journalisme en ligne et aux niveaux médias qu’à partir de 2000, fait constater l’étude qui, après avoir évoqué certaines expériences en la matière de journaux ainsi que sur le plan gouvernemental, fait remarquer que le phénomène de développement de contenu en ligne a pris de l’importance au fil des années avec un décalage d’appropriation entre les médias francophones et arabophones.

Aujourd’hui, relève Jankari, la majorité des médias marocains ont un site web, mais peu d’entre eux disposent d’une version électronique dédiée. « Le web est toujours perçu comme un prolongement de la version papier, la radio ou la TV. Le niveau d’interactivité reste basique et se limite à des rares expressions. De ce fait, Internet est perçu comme un nouveau support mais sans pour autant développer une logique de canal de diffusion autonome avec une gestion et une équipe », explique l’étude.

Cette attitude d’approche basique du canal « web » résulte selon plusieurs directeurs de publications de l’absence d’un modèle économique pour diffuser l’information sur Internet au Maroc, poursuit l’étude qui constate que « la gratuité est le seul modèle actuellement en vigueur, puisque si pour le cas de la presse écrite, les journaux sont payants dans le kiosque, la version électronique, quant à elle est gratuite par défaut ».

Aujourd’hui, poursuit Jankari, et sur la base de retour d’expérience de plusieurs projets éditoriaux sur le web, une entreprise de presse électronique au Maroc n’est pas viable économiquement. Les investissements publicitaires en ligne restent faible d’où la difficulté de l’émergence d’entreprises de presse en ligne.

Par ailleurs, l’auteur de l’étude a dédié un chapitre à l’importance que revêt le système éducatif marocain et la formation sur les nouveaux médias, soulignant notamment que le pari des nouveaux médias est « tributaire de l’investissement dans le système éducatif ». « L’accompagnement de l’évolution du métier du journalisme et des médias exige une refonte et une mise à niveau du cursus dispensé dans les écoles de formation sur le journalisme et la communication ».

« Cette refonte doit prendre en considération le nouveau écosystème des médias et des mutations dans l’environnement technologique des médias en réseaux », ajoute l’étude selon laquelle « il ne suffit pas, aujourd’hui, de former les journalistes à identifier les sources, trouver, écrire et publier pour la presse écrite, la radio ou la télévision. Il faut aussi apprendre à produire en temps réel, à agréger les contenus multimédia, les références sur les moteurs de recherches et interagir avec l’audience des internautes et mobinautes ».

 

MAP__________________________

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