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Les chiffres présentés par le premier responsable de l’administration pénitentiaire, Salah Tamek, au parlement, ont de quoi donner des frissons dans le dos.

Avec une population carcérale qui atteint les 76.000 prisonniers, soit le triple de leur capacité réelle, les prisons marocaines passent pour être parmi les plus dangereuses au monde. Car la surpopulation carcérale ne signifie pas uniquement les aléas de la proximité, la privation de liberté et des besoins élémentaires, mais également la prolifération des maladies et surtout une violence qui dépasse toutes les limites de l’acceptable et l’entendement. Il n’existe qu’un médecin pour 8 000 détenus et beaucoup moins en ce qui concerne les dentistes dont la visite peut demander des mois si le prisonnier veut soigner un mal de dent. Les gardiens sont également et largement en sous-effectif ce qui rend leurs conditions de travail très pénibles d’autant plus qu’ils sont les premières victimes de la violence de la part des détenus agressifs.

La violence, le mot est lâché car c’est la première problématique dans ces lieux où règne un ordre à part dicté par les trafics en tous genres, fde la drogue aux psychotropes en passant par les téléphones portables et la satisfaction de besoins sexuels. Bien que le royaume ait entrepris des efforts en matière de rénovation et de modernisation des prisons existantes et la construction de nouvelles aux normes les plus exigeantes, il continue à gérer un lourd fardeau et un passif accumulés pendant des années avec cette certitude: les détenus en sortent encore plus violents et un prisonnier sur trois y retourne au bout de quelques jours après sa libération.

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