Les sessions de Marrakech: des sinistres complexes à l’étude

Les sessions de Marrakech: des sinistres complexes à l’étude

263
0
PARTAGER

ES.Abdelghani Aouifia

Ces trois accidents représentent des cas édifiants qui montrent la complexité de la préparation des dossiers d’indemnisation et leur présentation aux FIPOL, ont été examinés par les participants dans une tentative de convenir des modalités de règlements des demandes soumises dans ce sens par les requérants, notamment les nombreuses victimes des pollutions marines comme les acteurs des secteurs du tourisme et de la pêche.

Cette complexité, comme l’a expliqué à la MAP un expert marocain, est illustrée par le nombre de cas non encore résolus, malgré le nombre d’années écoulées, comme c’est le cas de l’Erika, qui remonte à décembre 1999.

Il ne s’agit pas d’une simple demande d’indemnisation mais de dossiers préparés selon des procédures précises impliquant de nombreux intervenants: l’administration, les tribunaux, les assureurs, les sociétés de classifications, les victimes, a dit l’expert.

La préparation du dossier d’indemnisation n’est qu’une étape vers l’indemnisation, qui peut donner lieu à un processus judiciaire à la fois long et sinueux impliquant les différents protagonistes (les FIPOL, armateurs, assureurs et les victimes).

Selon l’expert marocain, un pays exposé aux risques de pollutions marines majeures, comme le Maroc, devrait être préparé sur le plan règlementaire et institutionnel pour accéder aux indemnisations mises en place per les FIPOL.

Tout pays devrait disposer des compétences requises pour constituer des dossiers bien élaborés pour pouvoir prétendre à des indemnisations qui peuvent se chiffrer par des milliards d’euros en raison de l’ampleur des sinistres et de leur conséquences néfastes sur les activités tirant leur revenus de la mer (pêche, tourisme), a-t-il dit.

La ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Mme Amina Benkhadra, avait souligné mardi devant la conférence des FIPOL, que le Maroc, eu égard à sa vocation maritime et sa grande contribution au commerce international, n’est pas exempte de risques d’accidents pouvant engendrer des pollutions majeures.

Elle a rappelé que le Maroc a échappé de justesse à une pollution du même ordre à la suite de l’explosion en 1989 au large de ses côtes atlantiques du pétrolier Kharg et la collision du pétrolier Sea Spirit près des côtes méditerranéennes.

« Ces deux événements qui ont failli causé une catastrophe écologique dont les conséquences auraient été lourdes pour le pays, ont eu au moins le mérite d’attirer l’attention sur les dangers qui guettent une zone maritime fréquentée par de nombreux pétroliers et autres navires de transport de produits dangereux qui traversent chaque jour le Détroit de Gibraltar et sillonnent les eaux marocaines », a indiqué la ministre.

Elle a expliqué que ces accidents, qui auraient pu causer des dégâts au potentiel halieutique national, aux sites touristiques uniques, à la diversité écologique du littoral, ont permis au Maroc de prendre la mesure de l’ampleur des conséquences néfastes que de tels incidents pourraient causer à des secteurs stratégiques pour le développement socioéconomique du pays comme la pêche maritime et le tourisme.

« C’est pourquoi le Maroc a été parmi les premiers pays à adhérer aux conventions internationales pertinentes sur la sécurité de la navigation et la pollution marine », a soutenu Mme Benkhadra, relevant que, dans le sillage de son action au sein des FIPOL, le Maroc, qui est membre du Fonds de 1992, a adhéré au Fonds complémentaire de 2005 pour rejoindre les 27 pays l’ayant adopté à ce jour.

« La question de la protection de l’environnement et du développement durable est, au Maroc, une volonté politique au plus haut niveau de l’Etat et une action solidaire de toutes les forces de la Nation qu’on ne peut dissocier de la mouvance mondiale pour la sauvegarde de notre planète », a-t-elle souligné.

Initiative de l’ambassadeur du Maroc en Grande-Bretagne, Chrifa Lalla Joumala, les sessions de printemps des FIPOL, qui se poursuivront jusqu’à vendredi, traitent plusieurs questions relatives aux dossiers d’indemnisations des victimes de pollutions marines par les hydrocarbures et examinent des pistes d’amélioration du régime d’indemnisation mis en place par les FIPOL.

 

_____

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires