Les Suisses pourront garder leur arme de service à la maison

Les Suisses pourront garder leur arme de service à la maison

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Le peuple a refusé par 56,3% de voix l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes ». En outre, seuls 6 cantons sur 26 — Genève, le Jura, Vaud, Neuchâtel, Zurich et Bâle-ville — ont dit oui.
Présenté notamment par le parti socialiste suisse et le « Groupement pour une Suisse sans armée », le projet exigeait que toutes les armes de service soient dorénavant déposées à l’arsenal, ainsi que la création d’un registre central des armes à feu.

 

Elle voulait aussi interdire aux hommes se retirant de l’armée de pouvoir garder chez eux leur fusil ou leur arme de service.
« Malgré son échec en votation, l’initiative a contribué à une véritable prise de conscience », selon le parti socialiste suisse.

Amnesty International a également estimé que la Suisse avait « manqué l’occasion de jouer un rôle de pionnier sur la scène internationale en devançant, par la création d’un registre central, les exigences du futur traité international sur le commerce des armes ».
« Par leur Non, les citoyennes et citoyens se sont clairement prononcés en faveur de la neutralité et donc de l’armée de milice », s’est en revanche félicité le parti de la droite populaire UDC sur son site internet.

« L’UDC se félicite de la préservation de la liberté et de la responsabilité individuelle des citoyennes et citoyens », a-t-il écrit.

Lancée en 2007, l’initiative faisait suite à divers faits divers lors desquels des personnes ont été tuées avec une arme de service et visait notamment à prévenir la violence conjugale et les suicides. Les défenseurs de l’initiative avaient ainsi souligné que le taux de suicides par armes à feu en Suisse est trois fois plus élevé que dans le reste de l’Europe.
Mais l’argument du suicide a été jugé « émotionnel » par les partisans du « Non » à l’initiative, qui ont souligné que l’arme de service à la maison est une tradition suisse.
« Aujourd’hui, la population a démontré que les vraies valeurs suisses telles que la responsabilité individuelle et la liberté priment encore sur les arguments réducteurs basés sur les peurs, l’émotion et l’insécurité qui émanent de la gauche », ont expliqué les libéraux-radicaux.
Car garder son arme de service dans l’armoire familiale fait en quelque sorte partie de la doctrine de défense de la Suisse (environ 200.000 soldats) qui repose sur sa capacité à mobiliser rapidement des milliers de réservistes armés.

Selon le ministère de la Défense, quelque deux millions d’armes à feu circulent ainsi dans la Confédération, une pour un peu plus de trois habitants, et 240.000 armes ne seraient pas enregistrées.

Le gouvernement suisse, également opposé à l’initiative, avait argué que « l’arme personnelle fait partie de la disponibilité de base d’une armée crédible » et est « l’expression de l’attachement et de la confiance liant notre Etat et ses citoyens ».
Berne avait aussi souligné que les hommes et femmes qui font leur service militaire doivent déjà laisser leurs cartouches à la caserne.

Commentant les résultats au nom du gouvernement suisse, la ministre de la Police et Justice Simonetta Sommaruga, a ainsi relevé lors d’une conférence de presse qu' »il y a des instruments (légaux), il faut les utiliser », faisant allusion notamment à la possibilité laissée aux hommes de confier leur arme à l’arsenal.
Mme Sommaruga a par ailleurs souligné l’existence d’un « projet d’harmonisation » des registres cantonaux d’achat des armes. Un projet qui doit démarrer en mai, a-t-elle indiqué.

AFP_______________________

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