PARTAGER

L’annonce par la Corée du Nord d’avoir mené mercredi « avec succès » son premier essai nucléaire d’une bombe à hydrogène a suscité un tollé d’indignations internationales et la convocation le jour même d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Plusieurs grandes capitales dont Tokyo, Washington, Londres, Moscou et Séoul ont fortement condamné cet essai de bombe H, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire, qualifié de « violation évidente » des résolutions de l’ONU et d’acte « profondément regrettable », par le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano.

D’ailleurs, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra une réunion d’urgence, ce mercredi à New York, pour évoquer ce dernier test nucléaire. Cette réunion « a été demandée par les Etats-Unis et le Japon » et elle prendra la forme de consultations à huis clos entre les 15 pays membres, a affirmé la porte-parole de la mission américaine auprès de l’ONU, Hagar Chemali.

Pour le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, l’essai par la Corée du Nord d’une bombe à hydrogène « sape la sécurité régionale et internationale ». « Je condamne le développement continu d’armes nucléaires et de programmes de missiles balistiques par la Corée du Nord, ainsi que sa rhétorique enflammée et menaçante », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Dès l’annonce par Pyongyang d’avoir réussi son premier essai de bombe H, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a qualifié cet essai de « grave défi aux efforts internationaux de non prolifération » nucléaire et de « sérieuse menace » contre le Japon.

« Je condamne fermement » cet essai. (…) Nous ne pouvons absolument pas tolérer cela », a-t-il déclaré, avant d’indiquer que le Conseil de sécurité des Nations unies allait devoir se pencher sur ce qui constituait une nouvelle violation des sanctions et des résolutions de l’ONU contre la politique d’armement nucléaire de la Corée du Nord.

Les Etats-Unis ont, à leur tour, fustigé les « provocations » du régime nord-coréen, auxquelles Washington a affirmé qu’elle répondra « de façon appropriée ».

« Nous condamnons toute violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter ses obligations et ses engagements internationaux », a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, Ned Price.

Pour l’Union européenne, cet essai, s’il est confirmé, est une « grave violation » des résolutions de l’ONU et une « menace » envers la sécurité de l’Asie du Nord-Est, appelant Pyongyang à reprendre un dialogue « crédible et significatif » avec la communauté internationale et à « cesser ce comportement illégal et dangereux ».

Paris « condamne » cet essai qui constitue, selon l’Elysée, une « violation inacceptable des résolutions du Conseil de sécurité » de l’ONU, appelant à une réaction forte de la communauté internationale ». Londres a, de son côté, jugé que s’il était avéré que la Corée du Nord a réalisé un essai de bombe à hydrogène, il s’agirait d’une « provocation » et d’une « violation grave » des résolutions de l’ONU.

La Russie qui a également dénoncé cet essai nucléaire, affirme que « si ce test est confirmé, il s’agira d’un nouveau pas de Pyongyang sur la voie du développement d’armes nucléaires, ce qui constitue une violation flagrante du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ».

De même, la Corée du Sud a « fortement » condamné ce quatrième essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord et promis de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour que Pyongyang en « paie le prix ».

L’Inde, quant à elle, « évalue les informations disponibles », notamment sur la nature thermonucléaire du test, tout en se déclarant « profondément inquiète » que Pyongyang ait « à nouveau agi en violation de ses engagements internationaux ».

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord malgré une relation dégradée ces dernières années, a déclaré « s’opposer fermement » au nouvel essai nucléaire de Pyongyang, soulignant qu’il a été réalisé « en dépit de l’opposition de la communauté internationale ».

La chef de la diplomatie australienne, Mme Julie Bishop, a de son côté « condamné dans les termes les plus vifs » l’essai nucléaire qui confirme aux yeux de Canberra « le statut d’Etat-voyou » de la Corée du Nord.

Pyongyang a testé trois fois la bombe atomique A, utilisant la seule fission, en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs volées de sanctions internationales. Le mois dernier, Kim Jong-Un avait laissé entendre que son pays avait mis au point une bombe H, une déclaration largement mise en doute par les spécialistes internationaux.

Commentaires