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Le groupe de 37 salafistes récemment graciés à l’occasion de l’anniversaire de la « Marche Verte » qui viennent s’ajouter aux autres contingents libérés en 2014 et 2015 continuent de constituer un vrai casse-tête pour les autorités qui les gardent à l’œil. Certes ce sont des repentis pour la plupart qui ont promis de ne plus faire l’apologie de l’obscurantisme et de l’extrémisme alors qu’ils avaient été condamnés pour être derrière les attentats sanglants de Casablanca en 2013, mais c’est surtout leur difficile réinsertion au sein de la société, une fois coupés de leurs anciens milieux et fréquentations, qui pose problème et suscite des interrogations. D’autant plus que l’on a appris qu’ils s’étaient fait remettre à leur sortie de prison par les policiers au nom de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, DGSN, la somme insignifiante de 3000 dirhams pour démarrer une nouvelle vie. Le geste officiel reste songeur, car n’aurait-il pas fallu, vu leur nombre important et le risque latent de récidive de procéder à la création d’un service de suivi social et de réinsertion professionnelle dans le cadre de l’INDH, par exemple, au même titre des efforts consentis par l’état pour le suivi sécuritaire et leur surveillance.

Certes, des grands noms du salafisme libérés précédemment se sont trouvés avec succès des opportunités qui, dans le prêche « officiel’ dans des mosquées qui comme enseignant, mais les derniers graciés auront-ils tous la confiance de l’Etat pour les aider au moment où ils en ont le plus besoin, c’est à dire à leur sortie de prison, d’une ultime bouée de sauvetage pour leur réinsertion définitive, sur la base d’une véritable politique volontariste. Après avoir contribué à leur libération, il revient au Conseil national des Droits de l’Homme d’ouvrir ce chantier urgent avant qu’ils ne soient tentés de récidiver face à ce qu’ils considèreront comme une injustice et une nouvelle condamnation..

Par Jalil Nouri

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