Maison A la une Lettre aux décideurs.

Lettre aux décideurs.

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Messieurs arrêtez le massacre et stoppez l’hémorragie avant qu’il ne soit trop tard…

Le Maroc peut-il fonctionner autrement? Les Marocains méritent -ils de meilleurs partis politiques et un meilleur gouvernement! ? Les marocains pourront-ils un jour prochain voter sans qu’on leur dicte ce qui est bien pour eux et ce qui ne l’est pas , sans qu’on n’insulte leur intelligence et méprise leur dignité et leur droit au choix démocratique ! ?

Messieurs, pendant que vous n’êtes préoccupés que par les fauteuils au parlement et les maroquins de ministre , alors que vous n’êtes intéressés que par les rentes politiques,    le Maroc est en pleine croissance de la pauvreté, des inégalités, de la prostitution et de la corruption. Un parti qui a longtemps profité par le passé des tripatouillages électoraux ayant entamé sa crédibilité et sa légitimité n’a pas à crier au scandale une fois qu’il n’en profite plus et qu’il se retrouve c’est le cas de le dire livré à lui même face au verdict des urnes. .Qui sème le vent récolte la tempête et l’expérience a prouvé que les partis politiques marocains ne sont pas à la hauteur de la confiance des citoyens et qu’ils ne sont pas dignes de la mission historique .. Obsédés par les privilèges et les avantages, et aveuglés par la course aux portefeuilles nos responsables politiques confortés par l’impunité dont ils jouissent puisqu’il s’agit d’assurer le conservatisme d’un système fait de féodalisme politique , n’ont jamais de comptes à rendre et ont trouvé dans cette rente politique qui ne tarit jamais un moyen d’enrichissement rapide et une garantie pour une retraite tranquille et dorée. .

Pendant ce temps, alors que les gouvernements se suivent et se ressemblent dans leur impuissance et leur manque de volonté politique , alors que les élections et les parlement passent et. que les grands problèmes de notre pays restent en suspens sans aucune solution à l’horizon sauf que ce sont les marocains qui paient sans arrêt la facture de l’incompétence de leurs responsables et de ces décideurs qui ne prennent jamais les bonnes décisions.

Vous, messieurs de la classe politique et décideurs économiques, sachez que les marocains n’ont pas besoin de grands stades qui restent vides la plupart du temps, ne sont que des trous financiers qui engloutissent des sommes incroyables en maintenance et en rénovations qui n’en finissent plus. Le Maroc est leur terrain de jeu et, entre butin électoral et rente politique, ils se taillent des costards en permanence comme sur un échiquier où l’on déplace les pions à sa guise . «Le Maroc a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable.

Toutefois, la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les désidératas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral», soulignait Mohammed VI dans un récent discours de la marche verte.

La grande escroquerie dont est coupable notre classe politique est certainement ce mode de scrutin qui ne sert en rien l’idéal démocratique, qui ne contribue qu’à faire garder aux barons et aux dinosaures des partis de garder leur siège et leur privilèges, mais surtout à prendre en otage les aspirations des marocains puisqu’il faut six ou sept partis pour constituer des majorités parlementaires .. Autrement dit, on n’est pas prêt de sortir de l’auberge car toutes les aspirations des marocains au développement et au progrès sont condamnées à demeurer en suspens et mises en veilleuse. Sans parler de la structure économique où des situations de monopole condamne les marocains à être durablement pris en otage comme l’a si bien démontré la récente campagne de boycott et la flambée des prix des carburants.

Facteurs d’inertie et d’immobilisme et de conservatisme d’un système ou règne les privilèges et les situations de rente mais également facteur d’accroissement des inégalités en puisant tous azimuts dans le gisement inépuisable des caisses de l’État et de son train de vie toujours à la hausse. Ces incohérences qu’on justifie très mal! A défaut, on continuera à évoquer un motif et puis son contraire pour justifier des politiques publiques injustifiables !

Le Maroc ne pourra indéfiniment être géré, exploité et pillé de la sorte et notre pays qui comptera dans dix ans près de quinze millions de jeunes de moins de vingt-cinq ans a un besoin urgent d’un modèle de développement qui garantit l’éducation et l’emploi sur la base de plans étalés sur des périodes de trente ans et qui seront indépendants de la conjoncture politique , des élections voire même de la couleur du gouvernement.

Messieurs arrêtez le massacre et stoppez l’hémorragie avant qu’il ne soit trop tard… Il y très peu de chances que cette lettre de détresse trouve bon entendeur parmi la classe politique , mais elle concerne tous ceux et celles qui ont de l’intérêt pour l’avenir de ce pays.

Car en même temps, il faut mesurer l’ampleur des dégâts quand des décideurs prennent de très mauvaises décisions pour le pays. Plus de vingt millions de marocains auront moins de vingt-cinq ans en 2030 et environ trente millions en auront moins de trente ans selon des projections officielles très sérieuses et à prendre très au sérieux. Il s’agit certainement d’une révolution démographique en marche qui ne laisse plus la place à l’improvisation , aux politiques avec objectifs non chiffrés et aux diverses tergiversations. Pour qui sonne le glas alors !?

Cette révolution démographique sonne le glas pour les politiques court-termistes , les tableaux de bord électoralistes à deux ou trois années et il est plus qu’urgent puisque vital pour notre pays d’institutionnaliser une rupture avec énormément de pratiques d’une époque qui devrait en principe être révolue.

Combien d’écoles , de centres de formations, d’instituts pour l’apprentissage professionnelle, de centres culturels, de théâtres, de stades, d’associations pour les activités artistiques, de bibliothèques d’ universités, d’académie sportives , de professeurs et de clubs devra-t-on créer pour cette jeunesse ?. .

Combien notre pays aura-t-il besoin d’enseignants, d’éducateurs et de formateurs et ce, dans toutes les disciplines et surtout dans toutes les régions du pays .!? Il s’agit d’un défi immense qui exige une vision prospective globale et une mobilisation tous azimuts afin de gagner le pari de cette révolution démographique sans pareil et plutôt sans précédent pour nos gouvernements. .

La nature a horreur du vide et il serait ainsi suicidaire et impardonnable de jeter tous ces jeunes à la rue et les jeter en pâture aux démons de l’oisiveté, de l’extrémisme et du fanatisme ..

Une rupture devra être effectuée afin de réunir toutes les conditions pour réussir une transition démographique au lieu de la subir de plein fouet car cette donne constitue une véritable richesse qui peut se transformer en malédiction et en handicap majeur si toutes les potentialités ne sont pas exploitées et toutes les énergies valorisées.

Cette jeunesse est une formidable richesse que beaucoup de pays en proie au vieillissement de la population vont certainement nous envier , et il s’agit de ne pas passer à côté de ce rendez vous sinon on risque de se retrouver avec une génération perdue, complètement hors jeu et laissée pour compte.

 

Par Hafid Fassi Fihri

Actu-maroc.com

 

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