Liban: report des consultations pour un nouveau Premier ministre

Liban: report des consultations pour un nouveau Premier ministre

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Réunis à Damas, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, l’émir du Qatar cheikh Ahmad ben Khalifa al-Thani et le président syrien Bachar al-Assad ont plaidé lundi en faveur d’une nouvelle médiation de la Syrie et de l’Arabie saoudite pour résoudre la crise politique au Liban, a rapporté l’agence officielle Sana.

 

La crise, qui a atteint son paroxysme après la démission des ministres du puissant Hezbollah et de ses alliés, provoquant l’effondrement du gouvernement de Saad Hariri, est liée au Tribunal spécial pour le Liban (TSL) enquêtant sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

Ces évènements font craindre une résurgence des violences dans le petit pays méditerranéen, et inquiètent la communauté internationale.

Un conseiller du Premier ministre en exercice, Mohamed Chatah, a salué lundi « les efforts actuellement déployés, à l’intérieur et à l’étranger » pour sortir de l’impasse, regrettant cependant que la solution vienne de l’extérieur.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, depuis les Emirats arabes unis, a appelé lundi à ne pas « politiser » le travail du TSL, dont l’acte d’accusation était attendu lundi.

Le président Sleimane a décidé de reporter les consultations avec les députés en vue de nommer un nouveau Premier ministre au lundi 24 janvier et mardi 25 janvier, « après avoir évalué les positions de différentes parties au Liban ».

Le puissant mouvement chiite armé Hezbollah, qui s’attend à être mis en cause dans l’assassinat, a prévenu dimanche qu’il se défendrait contre toute charge.
« Nous ne permettrons pas (…) qu’on nous fasse endosser injustement le sang de (l’ancien) Premier ministre martyr Rafic Hariri », a déclaré le leader du mouvement, Hassan Nasrallah.

Il a indiqué que l’opposition, menée par son parti, n’allait pas proposer le nom de Saad Hariri, fils de Rafic, comme futur Premier ministre.

Le Hezbollah, qui accuse le TSL de faire partie d’un « complot israélo-américain » visant à la détruire, veut que le nouveau Premier ministre cesse toute coopération avec le tribunal de l’ONU.

Depuis des mois, il fait pression sur Saad Hariri pour qu’il désavoue le tribunal, ce que ce dernier a refusé de faire.

Les mises en accusation, confidentielles, seront remises par le procureur Daniel Bellemare au juge de la mise en état, Daniel Fransen, chargé de les examiner en vue de leur confirmation, un processus qui peut prendre de « six à dix semaines ».

La crise fait craindre également pour l’économie du pays, déjà bancale malgré le solide secteur bancaire. Le gouverneur de la banque centrale du Liban Riad Salamé a avertit lundi, dans une interview exclusive à l’AFP, que l’impasse menaçait la croissance 2011 et le ratio de la dette par rapport au PIB.

Par ailleurs, une chaîne libanaise a diffusé dimanche soir un enregistrement sonore daté de 2007 dans lequel Saad Hariri affirme devant la commission d’enquête qu’il est convaincu que le régime syrien a commandité l’assassinat de son père. Le Premier ministre en exercice a authentifié cet enregistrement.

La Syrie, soutien du Hezbollah, avait été montrée du doigt par le camp Hariri dans ce meurtre. Mais Saad Hariri a opéré un revirement lorsqu’il est devenu Premier ministre fin 2009, affirmant en septembre avoir commis une « erreur » en accusant Damas.

AFP

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