Libye: échec des tractations pour Bani Walid, « forteresse » pro-Kadhafi

Libye: échec des tractations pour Bani Walid, « forteresse » pro-Kadhafi

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Ces négociations, engagées par l’intermédiaire de chefs de tribus de la ville pour obtenir la reddition de groupes armés loyaux à l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, duraient depuis plusieurs jours.

Le chef des négociateurs a expliqué que son équipe avait initialement refusé de discuter directement avec les combattants pro-Kadhafi, avant de finalement accepter de parler avec ceux n’ayant pas de sang sur les mains.

Mais « ils (les pro-Kadhafi) voulaient venir avec leurs armes, nous avons refusé », a expliqué aux journalistes Abdallah Kenchil, chef des négociateurs pour les nouveaux dirigeants de Libye, au poste de Chichan, un point de contrôle au nord de Bani Walid.

Ils « ont demandé que les révolutionnaires entrent à Bani Walid sans leurs armes (sous prétexte de négociations) pour pouvoir les tuer », a-t-il ajouté.

Interrogé sur une éventuelle attaque contre Bani Walid après cet échec, le négociateur en chef a lancé: « Je laisse le commandant (des forces anti-Kadhafi) gérer le problème ».

Il a confirmé que « Kadhafi, ses fils, et de nombreux proches sont venus à Bani Walid », sans préciser de date ajoutant que certains « se sont échappés ». Mais, il a indiqué que « deux fils de Kadhafi ne se sont pas » échappés, citant les noms de Saadi et Mouatassim.

Selon lui, l’ex-porte-parole de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, fait partie de ces proches qui sont toujours à Bani Walid.
« Il y a plein de gens venus de Tripoli et d’autres villes à Bani Walid. Ils veulent utiliser cette ville comme leur forteresse », a-t-il estimé.

Selon le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, tous les partisans de Mouammar Kadhafi ont jusqu’au 10 septembre pour déposer les armes. Toutefois, des responsables locaux avaient indiqué que l’ultimatum pour une reddition pour Bani Walid expirait dimanche matin.

Samedi matin, Abdelrazzak Naduri, numéro 2 du conseil militaire de Tarhouna (à environ 80 km au nord de Bani Walid), avait agité la menace d’une attaque. « Soit ils lèvent le drapeau blanc et ils se rendent, soit les combats commencent. Ils ont 24 heures à partir de ce matin », a-t-il dit à l’AFP.

Des civils ayant fui Bani Walid samedi ont rapporté que beaucoup de combattants pro-Kadhafi avaient quitté la ville, emportant les armes lourdes dans les montagnes environnantes, et que les habitants attendaient angoissés dans une ville fantôme aux magasins fermés, sans essence ni gaz.

En direction de Syrte, autre bastion des fidèles à Mouammar Kadhafi, le front était calme dimanche. La ville d’origine de Mouammar Kadhafi était cernée par des combattants pro-CNT, mais aucun mouvement n’était signalé depuis plusieurs jours, même si l’Otan a annoncé avoir continué samedi ses frappes.

A Tripoli, le CNT cherchait à asseoir son pouvoir à Tripoli, en commençant par relancer l’activité dans la capitale, marquée par 10 jours de combats.

Le « ministre » de la Défense Jallal Dghaili est arrivé à Tripoli dimanche en provenance de Benghazi, berceau de la rébellion anti-Kadhafi, à la tête d’une importante délégation, dont Fawzi Boukatef, commandant de l’Union des forces révolutionnaires.

D’après Anwar al-Feitiri, le « ministre » des communications et du transport, il y a désormais des vols réguliers entre Benghazi et Tripoli, même si chaque vol nécessite l’autorisation de l’Otan en raison de l’embargo aérien toujours en vigueur.

Des policiers ont recommencé à patrouiller dans la capitale, où la circulation a repris, avec de nombreux embouteillages. Des banques et certains commerces ont rouvert, et les queues s’allongeaient devant les boulangeries.

Le nouveau pouvoir libyen a également annoncé que Tripoli sera « dans les prochains jours » de nouveau ravitaillé en eau après la prise de contrôle de la majeure partie d’un important conduit acheminant l’eau des nappes souterraines du désert vers les zones côtières.

Par ailleurs, selon des témoins et plusieurs journaux, l’Algérie a fermé ses frontières avec la Libye après l’entrée de membres de la famille Mouammar Kadhafi sur son territoire le 19 août. Aucune confirmation officielle n’a pu être obtenue.

L’Algérie a accueilli trois enfants de Mouammar Kadhafi –Aïcha, qui a accouché d’une petite fille en terre algérienne, Mohammed et Hannibal– accompagnés de Safia, la seconde épouse du leader déchu.

A Benghazi, le porte-parole militaire du CNT, le colonel Ahmed Bani, a une nouvelle répété que l’un des fils de Mouammar Kadhafi, Khamis, avait été tué et enterré.

« Je peux confirmer que Khamis et Mohamed (ndlr: le fils du chef des renseignements Abdallah Senoussi) ont été tous deux été tués aux alentours de Tarhouna », a-t-il indiqué précisant que Khamis a été enterré près de Bani Walid, Mohamed dans le sud du pays. Une télévision du régime libyen avait démenti mardi sur son site que Khamis ait été tué.

Pour le représentant du CNT au Royaume-Uni, Guma al-Gamaty, M. Kadhafi devrait être jugé en Libye, pour sa « série effroyable de crimes ces 42 dernières années », et non par la Cour pénale internationale de La Haye, devant laquelle il est poursuivi uniquement pour sa répression de la révolte entamée mi-février.

AFP_____________________

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