Libye: le départ de Kadhafi objectif avoué de l’Otan

Libye: le départ de Kadhafi objectif avoué de l’Otan

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Les combats ont commencé à s’intensifier peu avant le coucher du soleil, dans le centre de cette ville côtière, et les rebelles craignaient une nouvelle nuit de bombardements massifs, selon un photographe de l’AFP sur place.

 

La rébellion a accusé vendredi les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi d’utiliser des bombes à sous-munitions. Ces accusations ont été confirmées par l’ONG Human Rights Watch qui a affirmé avoir pu voir sur place de telles bombes. Une convention internationale interdisant les armes à sous-munitions est entrée en vigueur en 2010 mais la Libye fait partie des pays qui ne sont pas signataires de cette convention.

Selon des médecins à Benghazi, fief de la rébellion libyenne, en contact avec des confrères à Misrata, les affrontements avaient fait au moins huit morts vendredi en fin d’après-midi à Misrata.

Dans une tribune commune publiée dans quatre quotidiens, David Cameron, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont estimé que « l’Otan et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s’accroisse ».

Il est « impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi », ont-ils souligné, jugeant « impensable que quelqu’un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen ».

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé qu’avec cette prise de position des trois pays, on était « certainement » en train de sortir de la résolution 1973 de l’ONU sur la Libye, suggérant l’adoption d’une nouvelle résolution pour avaliser le projet de chasser Kadhafi.

Des pays comme la Russie, la Chine ou le Brésil, « vont naturellement traîner des pieds. Mais quel est le grand pays qui peut reconnaître qu’un chef d’Etat peut régler ses problèmes en tirant au canon sur sa population? », a-t-il ajouté.

Moscou, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a estimé de nouveau que l’Otan outrepassait le mandat de l’ONU. Il est « important de passer de manière urgente à la phase politique et d’avancer vers un règlement politique et diplomatique » de la crise libyenne, a-t-il dit après une réunion avec ses homologues de l’Alliance atlantique à Berlin.

Mais la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a affirmé que l’intervention militaire internationale avait empêché un nouveau massacre à Benghazi comme celui de Srebrenica en 1995 en Bosnie.

Apparemment peu intimidé, le colonel Kadhafi a paradé jeudi soir dans les rues de Tripoli et dénoncé des « raids des agresseurs colonialistes croisés », la télévision officielle montrant des dizaines de personnes l’acclamant.

L’Otan a reconnu que ses avions avaient peut-être frappé deux cibles près de Tripoli, voire même dans la ville.

D’autre part, l’agence officielle Jana a fait état de nouveaux raids de l’Otan vendredi à Syrte (360 km à l’est de Tripoli), et à Aziziyeh, au sud de la capitale.

Des avions ont également survolé la région de Zenten, au sud-ouest de la capitale, où des chars avaient été détruits par des frappes aériennes dans la nuit de jeudi à vendredi.

Des combats violents ont en outre opposé vendredi des rebelles aux troupes loyalistes dans la région Yefren, à l’est de Zenten, faisant huit morts et au moins onze blessés chez les insurgés, selon les rebelles, et au moins quatre morts et cinq blessés chez les loyalistes, selon un témoin.

Dans l’est du pays, un convoi de véhicules rebelles s’est dirigé vendredi matin à l’ouest d’Ajdabiya pour vérifier si les forces du colonel Kadhafi s’étaient repliées. Un reporter de l’AFP, stoppé à un barrage des rebelles, a entendu au loin les insurgés tirer un déluge de roquettes, sans réponse apparente des forces pro-Kadhafi.

Des avions de l’Otan survolaient la zone, tandis que l’on entendait également au loin des explosions, sans savoir s’il s’agissait de bombardements.

Sur le plan humanitaire, l’Otan et l’UE ont resserré leur coordination en vue d’une opération humanitaire préparée par les Européens à Misrata, troisième ville du pays située à l’est de Tripoli. Une réunion doit se tenir « dans les semaines à venir ».

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a par ailleurs évacué vendredi par mer, vers Benghazi, près de 1.200 migrants bloqués dans le port de cette ville, d’où avaient également fui il y a quatre jours 221 personnes secourues vendredi matin au large de l’île italienne de Lampedusa.

A Genève, l’ONU a déploré un cruel manque de fonds face à des besoins énormes.

AFP________________________

 

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