Libye: le groupe de contact crée un fonds d’aide aux rebelles, vive...

Libye: le groupe de contact crée un fonds d’aide aux rebelles, vive réaction de Tripoli

194
0
PARTAGER

Le fonds spécial pour aider les rebelles libyens est « comme de la piraterie en haute mer », a réagi vendredi le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaïm.

 

« La Libye est toujours, selon le droit international, un Etat souverain et toute utilisation des fonds gelés est comme de la piraterie en haut mer », a affirmé M. Kaïm lors d’une conférence de presse à Tripoli. M. Kaïm a rejeté le groupe de contact dans son ensemble, affirmant: « ce groupe est ambigu, un corps étrange, et nous ne le considérons pas comme une entité ».

En annonçant « un fonds spécial », le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini avait déclaré jeudi à Rome: « Un soutien économique plus fort est nécessaire ». Ce Mécanisme Financier Temporaire « permettra à des fonds d’être transférés effectivement et de manière transparente au Conseil national de transition » (CNT), l’organe politique de la rébellion, a-t-il précisé.

Le fonds, sous supervision internationale, sera « opérationnel dans les prochaines semaines » et alimenté dans un premier temps « par des dons ou des prêts », a indiqué le chef de la diplomatie française Alain Juppé. Le Koweït a déjà promis 180 millions de dollars, le Qatar 400 à 500 millions.

Les participants se sont penchés aussi sur l’utilisation des fonds gelés du colonel Kadhafi et de ses proches, estimés à 60 milliards de dollars dans le monde, dont plus de la moitié aux Etats-Unis. « Cet argent appartient au peuple libyen, et l’Italie et la France ont déjà exhorté les organismes compétents de l’Union européenne à trouver une solution », a déclaré M. Frattini.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé que l’administration Obama allait « bâtir une législation » afin de permettre de « puiser dans une partie » de ces fonds pour « aider le peuple libyen ».

Plus de 150 millions de dollars pourraient être prélevés dans le court terme, les Etats-Unis « explorant les options pour continuer à utiliser des fonds du gouvernement libyen au bénéfice du peuple libyen », selon une source gouvernementale américaine.

« Nous sommes aussi en discussion avec nos partenaires sur la manière de soutenir davantage les ventes de pétrole » par le CNT, a-t-elle ajouté. Selon M. Juppé, une fois les « problèmes juridiques » résolus, les avoirs dégelés pourront « ultérieurement » servir à financer le fonds spécial.

Le CNT avait averti mardi que l’économie libyenne risquait l’effondrement et demandé « des lignes de crédit » de « deux à trois milliards d’euros » à la France, aux Etats-Unis et à l’Italie.

Les insurgés entendent ainsi « fournir de l’aide médicale, des vivres, maintenir des fonctions minimales comme l’électricité, les hôpitaux », selon le porte-parole du CNT Mahmoud Chamame.

Organisatrice de la deuxième réunion du groupe créé à Londres en mars, l’Italie accueillait 22 pays participants, six institutions internationales dont l’UE, l’Otan et l’Organisation de la conférence islamique, et autant d’observateurs. Outre l’aide financière au CNT, figuraient à l’ordre du jour des discussions sur ce conflit qui a fait plus de 10.000 morts selon les rebelles, les moyens de parvenir « le plus vite possible à un cessez-le-feu ». M. Frattini a qualifié de « délai réaliste » qu’il puisse intervenir « d’ici quelques semaines », jugeant « ambitieuse » une proposition turque pour une trêve dans un délai de sept jours.
« La meilleure chose à faire pour Kadhafi est de cesser sa violence brutale et de quitter le pouvoir », a lancé Mme Clinton. A Tripoli, un porte-parole du gouvernement libyen a estimé qu’il n’était « pas moral, pas légal et pas logique » d’appeler au départ du colonel Kadhafi.

A Rome, Mahmoud Jibril, l’un des leaders du CNT, a détaillé la « feuille de route » politique des insurgés en annonçant une élection présidentielle, six mois seulement après le départ du colonel Mouammar Kadhafi, une fois qu’aura été élaborée une constitution validée par référendum et après des élections parlementaires.

Tout en appelant Kadhafi à « s’en aller », le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a souligné que l’option « militaire a ses limites » et qu' »une solution durable et convaincante ne peut être trouvée que par un processus politique » passant par une constitution, un référendum et des élections.

Pour sa part, le ministre Frattini a souhaité que « de plus en plus de partenaires » reconnaissent le CNT, affirmant que « trois nouveaux pays » ont annoncé leur intention de le faire, lors de la réunion de Rome, en plus de la France, du Qatar, de la Gambie, et de l’Italie.

Depuis Benghazi, le CNT a dit avoir été reconnu par quatre pays: Danemark, Espagne, Pays-Bas et Canada. Mais les trois premiers ont nié avoir entamé des démarches officielles tandis qu’Ottawa n’a ni confirmé ni démenti.

La prochaine réunion du groupe de contact se tiendra à Abou Dhabi, dans la deuxième quinzaine de juin.

AFP________________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires