Libye: le régime perd le contrôle de l’Est, reste décidé à mater...

Libye: le régime perd le contrôle de l’Est, reste décidé à mater la révolte

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Les autorités libyennes ont aussi haussé le ton contre les médias étrangers, avertissant que les journalistes entrés « illégalement » en Libye seraient considérés « comme s’ils collaboraient avec Al-Qaïda et comme des hors-la-loi ». « S’ils ne se livrent pas aux autorités, ils seront arrêtés », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaïm.

« Bain de sang », « génocide », « crimes contre l’Humanité »: la communauté internationale, confirmant une situation catastrophique en Libye qui détient les plus importantes réserves de pétrole en Afrique, tentait de trouver un moyen de faire stopper l’homme fort libyen, pour l’instant en vain.
« Capturez les rats! » Dans un discours télévisé enflammé et belliqueux mardi soir, Mouammar Kadhafi, le plus ancien dirigeant du monde arabe, a ainsi appelé la police, l’armée et ses partisans à réprimer les protestataires, avertissant de possibles « boucheries » et menaçant de « purger (le pays) maison par maison ».

Face au chaos, de nombreux pays continuaient d’évacuer, dans des conditions difficiles, les dizaines de milliers de leurs ressortissants par air et par mer.

Depuis le début de la révolte le 15 février, les violences ont fait au moins 300 morts, selon un bilan officiel, la plupart à Benghazi, deuxième ville du pays à 1.000 km à l’est de Tripoli et foyer de l’insurrection.

La Fédération internationale des ligues de droits de l’homme a parlé d’au moins 640 morts, dont 275 à Tripoli et 230 à Benghazi. Et un médecin français, Gérard Buffet, tout juste rentré de Benghazi, a évoqué « plus de 2.000 morts » uniquement dans cette ville.

C’est d’ailleurs la région orientale riche en pétrole que les opposants semblaient contrôler, de la frontière égyptienne jusqu’à Ajdabiya plus à l’ouest, en passant par Tobrouk, Derna et Benghazi, selon des journalistes sur place et des habitants.

Une équipe de journalistes a vu des rebelles, en majorité armés, sur la route allant jusqu’à Tobrouk, et des soldats ayant rallié les insurgés.

Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a confirmé que la province de Cyrénaïque (est) n’était « plus sous contrôle du gouvernement libyen ». Mais il a aussi évoqué « la naissance d’un émirat islamique (… et une volonté) d’enlever des Occidentaux ».

M. Kaïm a affirmé qu’Al-Qaïda avait établi à Derna un « émirat islamique » dirigé par un ex-détenu de Guantanamo. Mais des habitants de Derna, tout en reconnaissant une présence islamiste, ont démenti ces allégation, l’un d’eux estimant qu’elles visaient « à faire peur à l’Europe ».

Dans la capitale Tripoli, malgré l’appel de Kadhafi, seules des dizaines de manifestants ont brandi des drapeaux verts et des portraits du leader, sous les yeux de quelques policiers et hommes en civil armés de kalachnikov.

La plupart des commerces sont restés fermés mais de longues files d’attente se sont formées devant les boulangeries et les stations d’essence.
A l’aéroport de Tripoli la situation était « chaotique », des passagers se battant pour monter dans les avions, selon le commandant d’un avion maltais, Philip Apap Bologna, de retour de la capitale libyenne.
Le Croissant rouge en Tunisie a mis en garde contre un « risque catastrophique » d’exode massif de la Libye voisine, alors que M. Frattini a dit craindre un « exode biblique » de migrants depuis ce pays.
Après des jours d’hésitations, les pays de l’Union européenne se sont dits « prêts » à prendre des sanctions, et ont chargé leurs experts d’examiner des gels d’avoirs, des interdictions de visa et d’éventuelles poursuites contre des dirigeants libyens, selon des diplomates.

« J’ai vu des crimes horribles qui sont inacceptables et ne peuvent rester sans conséquences », a souligné le président de l’UE, Herman Van Rompuy. M. Kadhafi, longtemps accusé de « terrorisme » avant de se réconcilier en 2003 avec l’Occident, a « perdu toute légitimité », a insisté la chef de la diplomatie espagnole, Trinidad Jimenez.

Le Pérou a été le premier Etat à rompre ses relations diplomatiques avec la Libye pour protester contre les violences.

Au sein même du régime libyen, les défections ont continué avec la démission du ministre de l’Intérieur, Abdel Fatah Younes, après celle du ministre de la Justice et de nombreux diplomates en poste à l’étranger.

Et comme il y a deux jours, le pilote d’un chasseur a refusé d’obéir à des ordres de bombarder Benghazi, préférant s’éjecter et laisser son appareil s’écraser, selon un journal libyen.

Portés par des inquiétudes croissantes sur l’approvisionnement en pétrole, dont la Libye est un important producteur, les prix poursuivaient leur envolée à New York et Londres, évoluant à des niveaux inédits depuis deux ans et demi.

Ports et terminaux fermés, gazoduc vers l’Italie coupé: toutes les exportations d’hydrocarbures étaient bloquées. Et plusieurs groupes pétroliers ont rapatrié leurs employés, alors que le Français Total a « commencé à suspendre » une partie de sa production, comme l’Italien ENI et l’Espagnol Repsol.

AFP_______________________

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