Libye: l’Est aux mains des insurgés, manifestation de partisans à Tripoli

Libye: l’Est aux mains des insurgés, manifestation de partisans à Tripoli

209
0
PARTAGER

Selon ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, la province libyenne de Cyrénaïque (côte est) « n’est plus sous le contrôle du gouvernement libyen, et des affrontements et violences sont en cours dans tout le pays ».

Mardi soir, le « Guide » libyen, au pouvoir depuis 42 ans, a promis dans un discours au ton belliqueux de rétablir l’ordre, menaçant d’un bain de sang, et appelant ses partisans à lui exprimer leur soutien mercredi en descendant dans la rue partout dans le pays. Sur la place Verte, dans le centre de Tripoli, plusieurs dizaines de manifestants pro-Kadhafi étaient rassemblés mercredi matin.

Quelques dizaines de voitures tournaient en klaxonnant sous une pluie battante, alors que des partisans brandissaient des drapeaux verts et des portraits du « Guide », sous les yeux d’un petit nombre de policiers et de quelques hommes en civil armés de kalachnikov.

La plupart des commerces étaient fermés mais de longues files d’attente s’étaient formées devant les boulangeries et les stations d’essence.

Dans son bilan des violences, le ministère libyen de l’Intérieur a indiqué que la plupart des victimes ont été recensées à Benghazi (104 civils et 10 militaires), deuxième ville du pays à 1.000 km à l’est de Tripoli et foyer de l’insurrection, Al-Baïda (18 civils et 63 militaires) et Derna (29 civils et 36 militaires).

Dans un discours télévisé enflammé de plus d’une heure, Kadhafi a appelé la police et l’armée à reprendre la situation en main et assuré que tout manifestant armé méritait la « peine de mort ». « Rendez vos armes immédiatement, sinon il y aura des boucheries », a-t-il lancé, drapé dans une tunique marron et coiffé d’un turban de même couleur.

Le président du Parlement libyen Mohamed Zwei a affirmé pour sa part que le calme avait été « rétabli dans la plupart des grandes villes ».

Mais le chef de la diplomatie italienne, a affirmé que « la naissance d’un émirat islamique de la Libye orientale et la volonté d’enlever des Occidentaux ont été annoncées en Cyrénaïque » ces derniers jours.
Signe des divisions au plus haut niveau du pouvoir, le ministre de l’Intérieur, Abdel Fatah Younes, s’est rallié mardi « à la révolution », après celui de la Justice, qui avait démissionné « pour protester contre l’usage excessif de la force » contre les manifestants.

Plusieurs diplomates libyens en poste à l’étranger, rejoints mercredi par l’ambassadeur d’Indonésie, ont également fait défection.

Premier Etat à rompre ses relations avec le pays arabe, le Pérou a annoncé mardi la suspension de « toute relation diplomatique avec la Libye tant que ne cessera pas la violence contre le peuple » libyen.
Devant la grande instabilité de la situation dans le pays, l’Union européenne s’est dite prête à évacuer 10.000 de ses ressortissants notamment par la mer, emboîtant le pas à de nombreux Etats ou entreprises qui ont rapatrié leurs ressortissants.

Le groupe pétrolier français Total a « commencé à suspendre » une partie de sa production en Libye, après des décisions similaires de l’Italien ENI et de l’Espagnol Repsol.

Les quelque 500 Français vivant en Libye ont été rapatriés à bord de deux avions militaires dans la nuit de mardi à mercredi.
« D’habitude on voyait la police, et là c’était l’armée avec des tanks qui était partout », a raconté Mahir Korucu, ingénieur chez SNCF Géodis qui vivait à Tripoli depuis deux ans.
Tous les ports et terminaux du pays sont « temporairement fermés » selon la compagnie maritime française CMA-CGM.

La répression sanglante a été condamnée de toutes parts.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé au dirigeant libyen de cesser de « menacer son peuple ».

L’Union européenne est sur le point de décider de sanctions à l’encontre du colonel Mouammar Kadhafi, a estimé mercredi le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, évoquant « des restrictions de visa » et le gel des comptes bancaires « des membres du clan Kadhafi ».

Selon des câbles diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés mercredi par le Financial Times, Mouammar Kadhafi a bâti un vaste empire financier, source de sérieuses disputes entre ses enfants.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tiendra vendredi une session spéciale sur la situation en Libye, à la demande de l’Union européenne, la première session spéciale de cette instance consacrée à un de ses membres.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a déploré un « bain de sang totalement inacceptable » et plusieurs élus du Congrès des Etats-Unis ont demandé des sanctions contre le régime libyen.

Sur les marchés, la poussée de violences dans le monde arabe et particulièrement en Libye a fait trembler mardi les Bourses mondiales, en net recul, et flamber les cours de brut, sur fond de craintes pour l’approvisionnement en gaz et pétrole.

AFP__________________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires