Libye: nouvelle frappe aérienne à Brega, verrou contrôlant Benghazi

Libye: nouvelle frappe aérienne à Brega, verrou contrôlant Benghazi

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Pour la première fois depuis le début le 15 février de cette révolte contre le colonel Kadhafi, des soldats étrangers, trois Néerlandais, ont été capturés par des hommes loyaux au régime, lors d’une opération d’évacuation dimanche à Syrte, selon les Pays-Bas.

 

Des opposants ont aussi annoncé avoir fait au moins une centaine de prisonniers parmi les combattants loyaux au colonel Kadhafi lors de la contre-offensive mercredi à Brega.

Selon les habitants de cette ville côtière, au moins cinq personnes ont été emmenées par les forces pro-Kadhafi au cours de l’offensive appuyée par l’aviation et l’artillerie lourde et qui s’est soldée par au moins 12 morts.

Jeudi matin, des insurgés ont quitté Ajdabiya (70 km à l’est), pour venir prêter main-forte à Brega, que l’opposition dit toujours contrôler.

Peu après, « des avions de guerre ont lâché une bombe dans le secteur situé entre la compagnie pétrolière et la zone résidentielle », a déclaré AbdelFattah al-Moghrabi, un responsable de l’hôpital de Brega, qui n’a pas fait état de victimes. Un journaliste de l’AFP a vu deux cratères près de la raffinerie.
« Il est très important de protéger Brega parce que s’ils (les pro-Kadhafi) occupent cet endroit, ils se dirigeront ensuite vers Ajdabiya. Or Ajdabiya est un point central pour eux car il permet de connecter l’ouest à l’est et au sud », a expliqué un ingénieur sous couvert de l’anonymat.
« S’il s’emparent de la compagnie (pétrolière de Brega), ils peuvent couper (l’électricité) à Benghazi », a précisé Mohammed Khanis, employé sur le site pétrolier.

A Benghazi, un porte-parole de l’opposition a évoqué un renforcement de l’armée en direction de Ras Lanouf, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Brega. « Nous attendons de voir s’ils attaquent ou s’ils renforcent la ligne ».

Selon lui, l’armée est appuyée par des « mercenaires » venus du Tchad, pays frontalier de la Libye. « Nous ne savons pas combien ils sont, mais un nombre incroyable ». L’opposition avait réclamé mercredi des frappes aériennes de l’ONU contre ces « mercenaires ».

A Tripoli, Mouammar Kadhafi a fait un long discours mercredi devant une foule de partisans. « Des milliers de Libyens mourront en cas d’intervention de l’Amérique ou de l’Otan », a-t-il menacé, prévenant que la Libye pouvait devenir pour l’Occident « un enfer (…) pire que l’Irak ou l’Afghanistan ».

Son fils Seif al-Islam a affirmé jeudi que son père obtiendrait 80% des voix si des élections étaient organisées. « La Libye n’est pas la Tunisie ou l’Egypte et je me moque d’Al-Jazira (la télévision satellitaire), de la VIe Flotte (américaine) et de l’Otan ».

Selon la Ligue libyenne des droits de l’Homme, la répression a fait 6.000 morts.

La communauté internationale, soucieuse d’aider l’opposition mais consciente des conséquences néfastes d’une trop grande implication, a une marge de manoeuvre limitée. L’Otan ne prévoit pas d’intervention mais se prépare « à toute éventualité », a affirmé le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, Paris et Londres voulant apporter des « propositions audacieuses » au prochain sommet européen sur la Libye.

De son côté, le chef de l’Etat vénézuélien, Hugo Chavez, avait proposé lundi de créer une mission de paix formée par plusieurs pays amis qui puisse faire office de médiateur entre le dirigeant libyen et les insurgés. Son gouvernement a affirmé jeudi que le régime de M. Kadhafi et la Ligue arabe étaient intéressés.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a simplement indiqué à l’AFP que les pays arabes « étudiaient » cette offre.

Sur le plan judiciaire, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a ouvert une enquête contre le colonel Kadhafi et de hauts responsables libyens soupçonnés de « crimes contre l’humanité ».

Les sanctions européennes — gel des avoirs et interdictions de visas — à l’égard de M. Kadhafi et sa famille, sont entrées en vigueur jeudi.

Côté humanitaire, la situation a atteint un niveau de « crise » à la frontière tuniso-libyenne, selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

Plus de 80.000 personnes sont arrivés au poste-frontière de Ras Jedir depuis le 20 février, et « plus de 20.000 attendent du côté libyen », selon le chef des pompiers tunisiens sur place.

Les organisations humanitaires et la communauté internationale ont engagé une course contre la montre pour évacuer des milliers de personnes vers l’Egypte. Un pont aérien a été mis en place jeudi, et l’Union européenne a annoncé une aide de 30 millions d’euros.

L’Organisation internationale pour les migrations a commencé aussi à évacuer les premiers des quelque 5.500 immigrés bloqués dans le port de Benghazi, originaires pour la plupart du Bangladesh, de l’Inde ou du Soudan.

 

AFP_____________________

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