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Libye: nouvelles explosions à Tripoli après un survol intensif des avions de l’Otan

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Vers 01H15 locale (23H15 GMT), de nouvelles explosions ont retenti dans la capitale et les batteries de DCA sont entrées en action. Des sirènes d’ambulances ont été entendues peu après.
Trois détonations avaient été entendues vendredi soir vers 20H15 locales (18H15 GMT) depuis le centre de la capitale, suivies quelques minutes plus tard par plusieurs autres.

 

Les raids ont notamment visé un terrain vague près du centre de la capitale entouré de murs et de miradors et gardée en permanence par l’armée.
Les autorités, qui ont emmené les correspondants de la presse internationale sur les lieux, ont affirmé qu’il s’agit d’un « parking ».

Au fonds de deux cratères de deux mètres de largeur et de plus d’un mètre de profondeur on pouvait voir une couche de béton armé transpercée par les bombes. A proximité, étaient entreposées une dizaine de caisses de munitions vides.
« Ce sont des conduites d’égoûts », ont expliqué des officiels qui n’ont pas fait état de victimes.
Vendredi, le sénateur américain John McCain, en visite dans le bastion rebelle libyen de Benghazi, a appelé le monde à reconnaître et à armer les insurgés au lendemain de l’annonce par Washington de l’envoi de drones armés au-dessus de la Libye.

Dans les rues de Benghazi, à un millier de km à l’est de Tripoli, des centaines de personnes ont salué la visite de M. McCain, la plus haute personnalité américaine à se rendre en Libye depuis le début du soulèvement populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi à la mi-février.

Ce rival de Barack Obama à la présidence en 2008, qui s’est entretenu avec les responsables du Conseil national de transition (CNT-rébellion), a appelé « la communauté internationale à reconnaître le CNT comme la voix légitime du peuple libyen ». « Ils ont gagné ce droit », a-t-il insisté. « C’est aux Libyens de choisir qui dirige leur pays, pas aux Etats-Unis », a réagi la Maison Blanche.

M. McCain a aussi plaidé pour l’envoi d’armes à la rébellion. « Cela ne va pas arriver », a sèchement répliqué le plus haut gradé américain, l’amiral Michael Mullen à Bagdad.

Le sénateur américain a voulu dissiper la crainte d’un péril islamiste en Libye. « J’ai rencontré ces grands combattants. Ce ne sont pas des gens d’Al-Qaïda. Au contraire, ce sont des patriotes libyens (et Benghazi est) un exemple puissant et plein d’espoir de ce que peut être une Libye libre ».

M. McCain, ainsi que le président français Nicolas Sarkozy, se sont déclarés favorables à ce que « les avoirs libyens gelés à l’étranger soient mis à la disposition du CNT. M. Sarkozy a également donné son « accord de principe » pour une visite à Benghazi, sans préciser de date.

Partisan farouche de l’intervention militaire internationale en Libye, M. McCain a réclamé une intensification des raids de l’Otan.
« Nous espérons que cela puisse mettre fin au siège de Misrata », ville rebelle assiégée et bombardée par les pro-Kadhafi depuis des semaines à 200 km à l’est de Tripoli, a déclaré Moustapha al-Guerriani, un porte-parole du CNT.
« Les drones ont frappé avec succès les forces de Kadhafi », a déjà assuré un combattant rebelle revenant du front Est, entre Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi, et le site pétrolier de Brega, 80 km plus à l’ouest.
L’amiral Mullen a assuré qu’entre « 30 et 40% des forces libyennes » avaient été endommagées, tout en reconnaissant que la situation semblait dans « une impasse » sur le front Est.

L’Otan a mené vendredi soir des raids sur la région de Zenten, au sud-ouest de Tripoli, où les accrochages se multiplient avec les rebelles qui tiennent plusieurs localités de la région, a rapporté l’agence libyenne Jana, qui fait état de deux morts et trois blessés.

Selon M. Khaled Kaïm, vice-ministre libyen des Affaires étrangères, les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi vont quitter Misrata et devraient confier aux tribus de la région la mission de mettre fin au conflit dans la ville par la négociation ou par la force.

Dans le désert, les pro-Kadhafi ont attaqué une station de pompage dans un important site pétrolier à 250 km au sud de Tobrouk, tuant huit gardes, a affirmé un responsable de l’Arabian Gulf Oil Company (Agoco), un groupe pétrolier proche de la rébellion.

Dans la zone montagneuse au sud-ouest de Tripoli, où des combats ont fait des dizaines de morts depuis une semaine, les rebelles ont pris le contrôle de l’un des principaux postes-frontière avec la Tunisie.

Ces deux dernières semaines, 15.000 Libyens ont fui vers la Tunisie dans cette zone, et le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés redoute que ce ne soit que le début d’un exode « plus important ». Selon le HCR et l’Organisation internationale des migrations, plus de 550.000 personnes ont déjà fui la Libye.
Un nouveau ferry affrété par l’OIM, le Red Star One, a quitté Benghazi pour Misrata avec 160 tonnes d’aide humanitaire (nourriture, matériel médical, tentes), pour aider les habitants de Misrata et poursuivre l’évacuation des réfugiés bloqués dans la ville. L’OIM a déjà évacué de Misrata plus de 3.100 réfugiés de 21 nationalités.

Enfin, un remorqueur de haute mer italien retenu dans le port de Tripoli depuis plus d’un mois, a réussi à s’enfuir dans les eaux internationales au large de la Libye où il devait être recueilli par un navire de guerre de l’Otan.

AFP________________________

 

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