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L’investissement à long terme dans le secteur de la santé, principal facteur de développement économique

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Par Hicham El Alaoui

Le meilleur atout de toute société réside dans son capital humain qui joue un rôle primordial dans la création de richesses, l’emploi, l’accumulation durable et le transfert de connaissances et compétences, facteurs indispensables au développement industriel, technologique et économique.

Or, rien ne saurait se concrétiser dans des conditions où de forts taux de mortalité, de morbidité et de faibles taux d’espérance de vie sont la norme.

CONSTAT SOMBRE DE LA SITUATION SANITAIRE EN AFRIQUE

Depuis 2001, l’Afrique a progressé dans le financement des priorités et structures de santé, davantage de pays africains s’étant mis à accroître la part de leurs dépenses publiques de santé, tandis que l’aide au développement attribuée à la santé a plus que doublé grâce à la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et du Fonds de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), de la Fondation Bill et Melinda Gates et, dernièrement, du Partenariat international pour la santé.

Ces progrès dans le domaine du financement de la santé ont contribué à des améliorations dans le domaine de la santé des enfants et de la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Ceci ne devrait pas cacher les insuffisances enregistrées dans le secteur de la santé en Afrique où 32 pays continuent d’investir moins de 20 dollars par habitant dans la santé, soit moins de la moitié des 40 dollars recommandés par l’OMS.

D’après les dernières statistiques, onze pays investissent 5 dollars ou moins, ce qui est insuffisant pour s’attaquer aux différents problèmes de santé qu’ils rencontrent ou pour renforcer leur système de santé.

Ainsi, l’Afrique subsaharienne, qui abrite 11pc de la population mondiale, compte 53pc de mortalité maternelle, 50pc de mortalité des enfants de moins de 5 ans et 67pc des cas de VIH/sida.

Quand bien même des résultats ont été obtenus en matière de santé en Afrique, les progrès restent limités, répartis inégalement entre les pays et à l’intérieur même des pays et seul un petit nombre de pays africains sont en voie de réaliser les OMD.

La mortalité maternelle et néonatale, bon indicateur du fonctionnement du système de santé, demeure en Afrique une grave préoccupation. Des progrès substantiels, quoique inégaux, ont bien été accomplis sur la voie de la réalisation des objectifs 4 et 5 des OMD, réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle et de deux tiers, pendant la même période, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.

De même, les investissements dans des éléments sociaux déterminants des mesures de santé et de prévention, comme l’approvisionnement en eau potable, l’amélioration de l’assainissement, l’utilisation durable de l’environnement et l’amélioration de la sécurité nutritionnelle et alimentaire, sont insuffisants.

En effet, l’absence d’investissements en faveur de ces éléments peut représenter de 10 à 40pc des problèmes de santé dans la plupart des pays et aggraver la mortalité des nouveau-nés, des enfants et des adultes affectés par d’autres problèmes de santé en particulier.

L’économie politique de la maladie en Afrique est telle que les conséquences tendent à se conjuguer pour se renforcer les unes les autres en un cercle vicieux de pathologies, qu’il s’agisse du VIH/sida, de la tuberculose, du paludisme, de la malnutrition, de la mortalité maternelle et néonatale ou des maladies endémiques. La pauvreté et les déficiences des systèmes de santé ne font qu’aggraver la situation.

INVESTIR DANS LA SANTE, C’EST INVESTIR DANS LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Les efforts visant à réaliser les OMD en matière de santé et à réduire la charge que représentent les maladies susceptibles d’être soignées et les décès pâtissent du manque d’investissements et du peu d’engagement des pays africains et de leurs partenaires de développement.

Malgré la récente crise économique et financière, ceux-ci ont promis d’accroître les ressources destinées à financer la santé en Afrique comme l’illustre le fait que de 4 milliards de dollars promis au Sommet du G8 à Muskoka (Canada), on est passé à 40 milliards de dollars à l’occasion du Sommet des Nations Unies consacré à l’examen des OMD de septembre 2010.

Les investissements dans la santé doivent s’opérer dans un esprit de rentabilité accrue et les allocations au sein même du secteur répondre à des critères d’efficacité de façon à ce que les crédits tant existants que supplémentaires provenant de sources nationales et internationales se traduisent par une augmentation des produits et réalisations et des progrès plus rapides sur la voie de la réalisation des OMD en matière de santé.

L’expérience internationale montre qu’il est possible de remédier aux déficiences évoquées plus haut pourvu que les mesures voulues soient prises. Cet effort permettra d’obtenir plus de résultats avec les ressources d’ores et déjà disponibles tout en augmentant la confiance dans le secteur de la santé et en renforçant sa position dans la course pour obtenir des fonds, en quantité limitée en période de crise économique.

Il n’en reste pas moins qu’il revient aux pays africains de consacrer au moins 15pc de leur budget national à la santé. Il se pose aussi la question de la gouvernance et de la bonne gestion des ressources allouées à la santé. De nombreux pays africains doivent absolument instaurer une politique de tolérance zéro s’agissant de la corruption dans le secteur de la santé.

D’après le Rapport de l’OMS sur la santé dans le monde en 2010, de nombreux facteurs contribuent à la lenteur des progrès enregistrés actuellement en matière de réalisation des OMD, facteurs qui ne se limitent pas à la pénurie de ressources financières, mais vont de la faiblesse de la gouvernance et du manque de responsabilisation au sous-développement des infrastructures, en passant par les déficiences des systèmes de santé, le manque d’intérêt pour les résultats, l’insuffisance de l’harmonisation de l’aide et de sa conformité aux priorités, ainsi que des facteurs exogènes comme l’instabilité politique et les catastrophes naturelles.

Les principales sources d’inefficacité sont bien connues et peuvent s’entendre, au niveau des pays, des carences au niveau de l’élaboration des stratégies qui se soldent par des ouvertures de crédits insuffisantes et des options de financement qui laissent à désirer, une gestion et une utilisation incongrus des médicaments, des combinaisons de personnels inappropriées, conjuguées à l’absence de mesures incitatives devant donner des résultats, l’utilisation et le financement abusifs de certains services de santé ainsi que des déperditions.

L’inégalité d’accès aux soins de santé contribue par ailleurs à l’inefficacité du secteur de la santé, les nantis profitant des avantages de services de santé subventionnés par les deniers publics, services qui restent souvent inaccessibles aux populations défavorisées.

Il ne faut pas perdre de vue qu’investir dans la santé est un investissement qui rapporte. Le Rapport sur la santé dans le monde cite certains moyens qui permettraient d’améliorer la santé à l’aide des ressources disponibles et d’autres moyens novateurs.

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