L’Iran accuse d’espionnage deux Allemands arrêtés en octobre

L’Iran accuse d’espionnage deux Allemands arrêtés en octobre

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« Ces Allemands sont entrés en Iran en se présentant comme des touristes, mais leur activité dans le pays montre qu’ils sont venus pour des activités d’espionnage », a affirmé Malek Ajdar Sharifi, chef de l’autorité judiciaire de Tabriz (ouest) où les deux hommes ont été arrêtés et sont détenus.
« Le crime d’espionnage a été prouvé », a souligné M. Sharifi en les accusant également de vouloir « lancer une campagne de dénigrement contre la République islamique ».

 

La condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani dans une affaire d’adultères et de meurtre, révélée en juillet par des associations humanitaires, a suscité une intense émotion en Occident malgré les assurances de Téhéran que la sentence avait été « suspendue » et était en cours de révision.

Les deux Allemands, dont l’identité n’a pas été révélée, ont été arrêtés le 10 octobre alors qu’ils interviewaient le fils de cette mère de famille de 43 ans en compagnie de son avocat Javad Houtan Kian, également en état d’arrestation.
En mission pour le groupe de presse allemand Springer selon l’hebdomadaire Der Spiegel, ils sont entrés en Iran avec des visas touristiques.
Les envoyés spéciaux des médias étrangers en Iran doivent avoir un visa de presse, et les deux Allemands « ont reconnu avoir commis une infraction », avait déclaré en octobre le procureur général iranien, affirmant également qu’ils n’avaient pas pu prouver leur qualité de journalistes professionnels.
Berlin a demandé à plusieurs reprises leur libération.

Cette accusation d’espionnage intervient au lendemain de la diffusion par la télévision d’Etat iranienne d’une « confession » des deux hommes mettant en cause une activiste iranienne, Mina Ahadi, fondatrice du Comité international contre la lapidation basé en Allemagne.

Les déclarations des deux hommes, présentés séparément et en gros plan, n’étaient pas audibles, leurs paroles étant totalement couvertes par une voix off censée traduire leurs propos en persan.
Selon cette traduction, ils ont affirmé avoir été « abusés » par Mme Ahadi qui les aurait envoyés enquêter sur le cas de Mme Mohammadi-Ashtiani. Mme Ahadi a démenti, affirmant n’avoir fait « que les aider ».
L’accusation d’espionnage portée par la justice contre ces Allemands risque de compliquer leur libération dans le cadre des efforts diplomatiques déployés par Berlin.

Leur situation rappelle celle de trois randonneurs américains arrêtés en juillet 2009 à la frontière irakienne. Initialement accusés d' »entrée illégale » en Iran, ils ont finalement été poursuivis pour espionnage. Deux d’entre eux sont toujours détenus dans l’attente d’un procès, après la libération en septembre du troisième, une jeune femme de 32 ans malade.

Ce durcissement de l’Iran dans une affaire connexe à celle de Mme Mohammadi-Ashtiani, dont la vaste médiatisation en Europe et aux Etats-Unis irrite Téhéran, intervient avant la reprise prévue en principe en décembre des discussions internationales sur le dossier nucléaire iranien controversé.
L’Allemagne est l’un des six interlocuteurs de Téhéran dans ce dossier délicat, aux côtés des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne).

L’Iran, qui a rejeté toutes les résolutions du Conseil de sécurité dont plusieurs assorties de sanctions, accuse le groupe des 5+1 d’avoir une approche systématiquement biaisée à son égard.

AFP

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