L’Iran ouvre son site d’enrichissement de Natanz à des diplomates étrangers

L’Iran ouvre son site d’enrichissement de Natanz à des diplomates étrangers

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Les représentants des pays non alignés, du groupe des 77, de la Ligue arabe, du Venezuela et de la Syrie auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) participaient à cette visite à la suite d’une invitation de l’Iran que la Russie, la Chine et l’Union européenne ont en revanche déclinée.
« Nous allons organiser d’autres visites des installations nucléaires » dans le futur, a assuré M. Salehi, cité par l’agence Isna.
« Les pays occidentaux seront obligés de reconnaître le bon droit de la République islamique d’Iran » en matière nucléaire, a ajouté M. Salehi.

Cette visite est intervenue à quelques jours d’une nouvelle rencontre sur le nucléaire entre l’Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) les 21 et 22 janvier à Istanbul.

Ni les Américains ni les trois pays européens du groupe des 5+1 n’avaient été invités à cette visite qualifiée de « pitrerie » par Washington.

Samedi, les ambassadeurs avaient visité l’usine à eau lourde à Arak (centre), rarement visité car non soumise à l’inspection de l’AIEA. Celle-ci comprend également un réacteur de recherche de 40 mégawatts en construction, dont l’entrée en service est prévue « dans deux ou trois ans », selon M. Salehi.

« Les récentes sanctions (internationales) n’ont créé aucun problème pour nos activités nucléaires (…) Nous continuons nos activités nucléaires avec force (…). En particulier nous continuons avec vigueur nos activités d’enrichissement », avait alors affirmé le chef du programme nucléaire iranien, qui occupe aussi le poste de ministre par intérim des Affaires étrangères.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait déclaré le 10 janvier que les sanctions avaient ralenti le programme nucléaire iranien.

Le site de Natanz est l’installation nucléaire la plus sensible du pays. L’Iran y dispose de plus de 8.400 centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium, une opération au coeur des inquiétudes internationales sur le programme nucléaire iranien.

L’Iran a déjà produit plus de 3.200 kilos d’uranium enrichi à moins de 5%. Selon les derniers chiffres de l’AIEA, l’Iran produit par mois environ 130 kilos d’uranium faiblement enrichi.

Depuis février, Téhéran a commencé à enrichir de l’uranium à 20%, et disposerait désormais de plus de 40 kilos, selon les derniers chiffres fournis par les autorités iraniennes.

Contenu à moins de 20%, l’uranium enrichi sert à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires. Mais s’il est poussé à 90% et plus, il peut servir à la fabrication de l’arme atomique.

Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé à plusieurs reprises à l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement dans une série de résolutions assorties de sanctions économiques.
« La réalité est que la République islamique possède la technologie nucléaire et en particulier de l’enrichissement d’uranium et ne renoncera en aucune manière à son droit, mais dans le même temps va continuer à coopérer avec l’AIEA », a déclaré dimanche Ali Asghar Soltanieh, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’agence onusienne, selon Isna.

Il a réaffirmé que Téhéran ne cherchait pas à obtenir l’arme atomique considérée comme « haram » (interdit par l’islam).

AFP

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