L’Italie décrète une pause de 12 mois dans le plan de retour...

L’Italie décrète une pause de 12 mois dans le plan de retour au nucléaire

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« Le moratoire a été approuvé en conseil des ministres et est valable à partir de ce jour », a indiqué cette source.
« Cela signifie que toutes les procédures devant aboutir à la définition des sites et à la réalisation des centrales sont suspendues pour 12 mois », a-t-elle précisé.

 

Le processus n’est pour le moment pas très avancé: l’Italie n’a que récemment créé une Agence de sûreté nucléaire et était en train de définir les critères pour la localisation des sites devant accueillir des centrales.

La source gouvernementale a souligné que ce moratoire, déjà annoncé mardi par le ministre du Développement économique Paolo Romani, ne remettait pas en cause la tenue le 12 juin d’un référendum promu par l’opposition pour dire oui ou non au nucléaire civil.
Mais, selon cette source, « le moratoire permettra aux citoyens de voter en ayant toutes les informations utiles dans un climat plus détendu et plus rationnel, pas sur la base des émotions ».
« C’est une décision prudente de bon sens et de respect pour les citoyens face aux événements extraordinaires qui ont suscité une grande inquiétude dans l’opinion publique », a commenté la ministre de l’Environnement Stefania Prestigiacomo

De son côté, Nichi Vendola, gouverneur des Pouilles (sud) et étoile montante de l’opposition de gauche a affirmé que cette décision « confirmait les raisons du mouvement anti-nucléaire et les inquiétudes de l’opinion publique », tout en étant « une tentative maladroite pour rendre insignifiant ou pire annuler le référendum de juin et le vote populaire ».

Le secrétaire d’Etat au Développement économique, Stefano Saglia, a d’ailleurs jugé que « le référendum était une méthode erronée pour juger des politiques énergétiques qui sont par nature de long terme ». Selon lui, « le PDL (Peuple de la Liberté, parti de Berlusconi) devrait appeler à ne pas participer au vote ».
« Le moratoire sur le nucléaire est la dernière action désespérée d’un gouvernement qui craint le résultat des urnes et imagine tous les stratagèmes possibles pour boycotter le référendum de juin », a dénoncé le président des Verts italiens, Angelo Bonelli.

Un avis partagé par le chef des députés de l’Italie des Valeurs (IDV, opposition), Massimo Donadi, pour qui « le gouvernement cherche à éviter les dégâts du référendum ».
M. Bonelli a affirmé qu’un nombre important de « petits incidents (de niveau 0 à 3 sur l’échelle INES dans les centrales à travers le monde) sont tenus cachés et sont loin d’être rares », faisant état de 942 cas en 2007

Après les accidents au Japon, les rangs des opposants à l’atome, estimés auparavant à 58% des Italiens, s’étaient renforcés dans la Péninsule, où le nucléaire civil a été abandonné en 1987 par référendum après la catastrophe de Tchernobyl.
Le retour au nucléaire, décidé dans un décret-loi en 2008, est un projet phare du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui entend ainsi atténuer la dépendance énergétique de l’Italie et faire baisser le prix de l’électricité

Rome, qui s’est fixé pour objectif de produire d’ici à 2030, 25% de ses besoins en électricité grâce au nucléaire, avait prévu de démarrer la construction des centrales en 2014 en vue d’une mise en service en 2020

Le français EDF et l’italien Enel se sont alliés en 2009 pour construire quatre réacteurs EPR, mais Rome n’a pas exclu d’utiliser également les technologies américaine ou japonaise

AFP_________________________

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