Loi de finance 2012 : Situation économique du Maroc

Loi de finance 2012 : Situation économique du Maroc

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Importations et exportations de biens

Le total de nos importations de biens est de 355 milliards de dirhams en 2011 (MMDH). Nos exportations de biens pour la même année sont de 170 MMDH, soit un taux de couverture de 48% seulement. Le déficit de la balance commerciale des biens et marchandises est de  185 MMDH soit 24,7% de plus qu’en 2010. L’accroissement trés fort de ce déficit est un trés mauvais signe pour notre consommation interne sur laquelle se base notre modèle de développement. Une grande partie des augmentations de salaires est dédiée aux achats de produits étrangers au lieu de notre production locale.

Stimulation de la consommation intérieure

Depuis 2000 le gouvernement a basé son action sur le développement de la consommation interne et des grands travaux, en ayant recours à l’endettement public, principalement interne (bons du trésor). Cela s’est traduit par plusieurs augmentations de salaires dans la fonction publique et dans le privé. Malheureusement, ces augmentations n’ont pas eu que des bénéfices sur l’économie nationale car elles ont aussi entraîné une augmentation très forte de nos importations de biens qui sont passées de 230 milliards de dirhams (MMDH)en 2006, à 355 MMDH en 2011. Une augmentation de 50% qui ne peut pas être justifiée que par l’inflation des prix:en effet, une frénésie de consommation de biens étrangers accompagne toute injection de capitaux pour soutenir la consommation intérieure. Le financement de la caisse de compensation permet aussi de stimuler la consommation intérieure. En 2011, cette caisse a atteint les 48 MMDH soit une augmentation de 160% par rapport à 2010. Le pétrole avait été pris en compte dans la loi de finances 2012 pour une valeur de 95 dollars le baril. Or, depuis décembre, il plafonne autour de 107 dollars. Cela pourrait occasionner une augmentation de plus de 10 milliards de dirhams de la caisse de compensation.

La facture pétrolière

La part des produits énergétiques dans le total des importations du Maroc s’est établie à 24,7%. Le Maroc a importé pour 71,7 milliards de dirhams (MMDH) de produits énergétiques en 2010, au lieu de 54,14 MMDH en 2009, soit une hausse de 32,4%. En 2011, la facture énergétique a augmenté de 33% pour atteindre 91 MMDH. En 2012, la facture énergétique sera de l’ordre de 101 MMDH soit encore plus de 12% d’augmentation. Elle comprend le pétrole pour 35 MMDH, le gasoil et le fuel pour 35 MMDH, l’électricité pour environ 9 MMDH, le gaz pour 17 MMDH.

Réserve en devises

Nos avoirs en devises sont actuellement de 169 milliards de dirhams (MMDH), représentant seulement 5,5 mois d’importations alors qu’en 2005, on avait en réserve l’équivalent de 12 mois. Cela ne semble pas alarmer le président de la Banque centrale mais la rapidité de la chute de notre réserve risque bientôt de lui faire changer d’avis.

Masse monétaire

La masse monétaire (M3)  est aujourd’hui de 915 milliards de dirhams (MMDH), soit 116% du PIB. Elle ne représentait que 64% du PIB en 2001 (soit 347 MMDH). Les billets et pièces de monnaie ne représentent que 166 MMDH dans la masse totale aujourd’hui, contre 69 MMDH en 2001. L’évolution massive de cette création de monnaie peut avoir en réalité induit une inflation beaucoup plus importante que les 1,4% annuel admis par nos responsables. On admet en général qu’une augmentation de la masse monétaire plus rapide que la croissance économique peut engendrer des augmentations des prix et par conséquent une baisse du pouvoir d’achat.

Les salaires dans la fonction publique

Les salaires de l’administration ont atteint, en  2011, 88,5 milliards de dirhams, soit plus de 11% du PIB. L’effet des départs volontaires de 2006 est effacé depuis longtemps. En 2012, la masse salariale prévue est de l’ordre de 94 milliards de dirhams. Tous les partis politiques ont promis des augmentations de salaires. Déjà 10% du PIB pour les salaires étaient considérés par le FMI comme élevés.

La dette publique

La dette publique globale est de 533 milliards de dirhams dont 384 MMDH au niveau de la trésorerie générale et 149 MMDH au niveau des établissements publics. L’ensemble de la dette représente plus de 60% du PIB. Ce seuil est considéré comme une limite en Europe.

La bourse de Casablanca

La place boursière de Casablanca accuse une contreperformance de -9,4% sur l’exercice 2011. Les secteurs les plus touchés sont l’immobilier avec -15,6%, le papier -17,3%, les boissons -14,9% et les biens d’équipements -11,1%. Les secteurs en progression sont les mines avec +48,7%, le pétrole et gaz +12,7% et les assurances +7,9%. La morosité des marchés a entrainé une forte chute des transactions qui, déjà au troisième trimestre 2011, avaient chuté de plus de 75% par rapport à 2010. A fin septembre 2011, la capitalisation boursière était de 531 milliards de dirhams.

Les comptes spéciaux du Trésor

Ces dépenses concernent des programmes d’actions intéressant les domaines social, agricole, de l’infrastructure, du développement local et de la promotion économique et financière. Les comptes spéciaux du Trésor (CST) constituent à côté du budget général, du budget annexe, et des services de l’Etat gérés de manière autonome, les composantes du budget de l’Etat. Sur un total de 54 milliards de dépenses, 21 sont la part de la TVA donnée aux collectivités locales.

Le déficit budgétaire

Le déficit budgétaire est la différence entre les ressources de l’État (hors emprunts), et les charges de l’État . En 2011, le déficit budgétaire prévu, qui était d’environ 37 MMDH, a finalement atteint 56 MMDH (Hors recettes de privatisation) soit 7% du PIB. L’objectif du gouvernement de le ramener à 5% sera difficile avec le pétrole qui reste à des niveaux au-delà des prévisions, et la sécheresse en perspective va certainement amener la caisse de compensation à plus de soutien des prix. De même, les accords du dialogue social ainsi que le recrutement de plus de fonctionnaires vont dans le sens d’une aggravation du déficit budgétaire.

Les investissements publics

Ils comprennent deux volets. Le premier volet concerne les investissements prévus au niveau du budget de l’État pour 56 milliards de dirhams (MMDH) en 2011 et qui correspondent aux crédits de paiements ouverts aux diverses administrations pour leurs marchés. Fin décembre 2011, le total investi a été de 50 MMDH.  Le deuxième volet concerne tous les achats de biens d’équipement, de travaux et de services des établissements publics. Ce poste présente toujours une grande différence entre ce qui est annoncé dans la loi de finances et la réalisation effective en fin d’exercice. Ainsi pour 2011, il ne sera réalisé que 80 MMDH au lieu des 110 MMDH prévus. L’ordre de grandeur des investissements publics doit donc être évalué autour de 130 MMDH en 2011. Pour 2012, ce chiffre ne devrait pas beaucoup augmenter malgré l’annonce de 188 MMDH dans la loi de finances 2012.

La Formation brute de capital fixe (FBCF)

Cet agrégat regroupe tous les achats de biens durables par le privé et l’administration. Les biens concernés sont aussi bien les machines que les bâtiments industriels ou administratifs et les logements individuels. La FBCF de 2010 était de 234 milliards de dirhams. Sans être exactement un calcul de l’investissement  réalisé sur le territoire du fait que les investissements immatériels ne sont pas pris en compte, la FBCF est un indicateur qui permet d’en donner une évaluation approximative.

L’agrégat épargne  (235 milliards)

Il correspond, chez les ménages, à la part de revenu net non consommée, et chez les entreprises, aux bénéfices non distribués aux actionnaires y compris les amortissements. L’agrégat épargne c’est la capacité d’autofinancement de l’ensemble ménages et entreprises. L’épargne est un élément essentiel de l’économie nationale. C’est sur elle que repose le financement de l’investissement. Mais les choses ne sont pas simples: il ne suffit pas d’avoir une épargne importante pour que l’économie se porte bien. L’envers de la médaille c’est que la consommation joue aussi un rôle important dans la croissance. Si on épargne trop, on consomme moins et on obtient un ralentissement. De même, si on consomme trop, on investira moins et on hypothèque ainsi l’avenir.

La consommation (571 milliards)

La consommation des ménages était évaluée en 2010 à 437 MMDH et celle des administrations à 134 MMDH soit au total 571 MMDH. La consommation intérieure représente 73% du PIB.

Ahmed Zeriouh ________________________

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