Loi de finance 2015 ou le rêve reporté…

Loi de finance 2015 ou le rêve reporté…

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J’ai comme tous, entendu dire le chef du gouvernement, entre deux boutades, entre deux vannes, que la loi de finance de l’année prochaine allait être révolutionnaire et je m’en suis réjouit.
J’ai entendu les critiques acerbes des opposants qui crient à l’insuffisance dans des termes des fois bien savant pour le citoyen lambda que je suis et j’ai perdu espoir.
Balloté entre les dires des uns et les sourires moqueurs des autres, je suis arrivé à l’évidence que la vérité était certainement ailleurs, certainement entre le grand optimiste de ceux qui gouvernent et la critique septique de ceux qui aspirent et espèrent les dégommer.

Optimiste ou naïf que je suis, je me suis alors mis à rêver d’une autre loi de finance.
Une loi véritablement ambitieuse qui réduirait à jamais les disparités sociales et mettrait un petit paquet de dirhams de plus dans le porte monnaie de la ménagère.
J’ai rêvé d’une loi annonçant un super dynamisme économique.
Une loi qui introduirait des avancées spectaculaires, un changement radical dans la vision du développement du pays.
Une loi véritablement équilibrée qui consacrerait enfin des mesures optimales de gouvernance et de réduction du poids de la dépense de fonctionnement, en contrepartie d’investissements publics pharaoniques.
J’ai rêvé d’une loi de finance avec plein de mesures traduisant clairement les promesses politiques de gouvernance optimisée et d’efficacité dans la gestion.

J’ai rêvé d’une loi de finance interdisant aux administrations, aux institutions de l’état et collectivités locales d’acheter des voitures autres que celles produites au Maroc.
J’ai rêvé d’une loi qui, dans tout bâtiment privé ou public, dans tout édifice nouveau, imposerait une touche bien marocaine, donnant du travail aux artisans de zellij, aux ébénistes, au spécialistes de tadelakt, de bronze, de stuc et aux autres.
J’ai rêvé d’une loi créant des milliers de postes d’embauche d’animateurs culturels, de cadres sportifs et d’encadreurs sociaux.
J’ai rêvé d’une loi qui consacre davantage la préférence nationale dans les spectacles, la production culturelle, les programmes de radio et de télévision. Une loi qui multiplie le budget de la culture et booste le talent et le génie des créateurs marocains.
Une loi qui consacre des crédits enfin importants pour les universités et la recherche scientifique.
Une loi qui installerait définitivement la parité et motiverait les compétences et le potentiel novateur des jeunes de ce pays.
J’ai rêvé d’une loi qui accélèrerait l’industrialisation et annoncerait un taux de croissance de 8% ou 9%, à même de renverser la spirale infernale de la précarité et du chômage.
Une la loi qui donnerait plus d’espoir et de travail aux jeunes. Une loi qui tordrait le coup définitivement au sous emploi.
J’ai rêvé d’une loi qui assurerait plus de moyens à la sécurité des citoyens et garantirait davantage de quiétude aux marocains.
Une loi qui ferait que plus personne ne dorme devant ou par terre dans un hôpital et plus un enfant ne mourait attendant un soin possible.
J’ai rêvé d’une loi qui ferait que plus jamais Kishore Singh et les nations unies ne nous citeraient en mauvais exemple en matière de scolarité et d’éducation.

 mon réveille, hélas, je me suis rendu compte que finalement le projet de loi de finance en discussion n’était que celui d’une année électorale qui ne soulève point de vagues, pas plus qu’il ne désamorce la verve des opposants.
Je garde espoir tout de même.
La loi véritablement révolutionnaire sera peut être pour 2017.
Nos gouvernants et leurs opposants feraient alors montre de plus de volontarisme, solliciteraient toute leur intelligence et mettraient en branle toute leur compétence. Il gagnerait un petit plus en crédibilité.
Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

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