L’opposition syrienne tente de se rassembler à Istanbul

L’opposition syrienne tente de se rassembler à Istanbul

189
0
PARTAGER

Dans une salle de conférence comble – les organisateurs ont dénombré 350 participants-, les participants ont entamé leur réunion par l’hymne national syrien et une minute de prière à la mémoire des victimes de la répression.

 

Plus d’un million de personnes ont manifesté vendredi contre le régime en Syrie, entraînant une répression qui a coûté la vie à 28 manifestants, selon des militants.
« Le régime a perdu sa legitimité. Il ne peut pas rester au pouvoir après le sang versé, il doit répondre aux demandes des opposants et quitter le pouvoir d’une manière pacifique », a déclaré Mechaal al-Tamo, un militant kurde intervenant par téléphone depuis Damas.

Les opposants ont aussi déploré l’annulation, en raison des violences, d’une réunion jumelle, qui devait avoir lieu simultanément à Damas.

Les forces de sécurité syriennes « ont attaqué hier et tué 19 personnes, des centaines de personnes ont été envoyées à l’hôpital, d’autres ont été arrêtées et ils n’auraient pas permis à quiconque d’organiser une réunion », a déclaré à l’AFP Haitham al-Maleh, une des figures majeures de l’opposition, qui lors de son allocution a également dénoncé une attaque contre le lieu prévu de la réunion.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), près de 300 personnes ont été arrêtées après les manifestations, vendredi.
« Bachar continue de tromper les citoyens et le monde (… ) Il a annulé l’état d’urgence mais la (nouvelle) loi qu’il a imposée est pire. Il ne peut pas interdire une réunion pacifique » a protesté M. Maleh, qualifiant le président syrien de « menteur » et de « fasciste ».

M. Maleh a par ailleurs fait état de « 2.000 morts, 1.500 disparus et 15.000 arrestations », depuis le début de la révolte. Ce chiffre corrobore le bilan de « 1.419 civils et 352 militaires tués et 12.000 personnes arrêtées » établi par une organisation non-gouvernementale syrienne.

Les participants de la conférence d’Istanbul devaient s’entendre sur une « feuille de route ».
« Nous avons un plan exprimant nos vues pour le futur, pour les changements en Syrie, pour un régime libre et démocratique, nous allons voir si quelqu’un a des objections et ferons les corrections raisonnables », a indiqué M. Maleh, un avocat de 79 ans défenseur des Droits de l’Homme, sorti de prison en mars après une condamnation pour « diffusion de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte au moral de la nation ».

Le second volet de leur programme, la constitution d’un « gouvernement fantôme », a cependant été revu à la baisse après avoir essuyé des critiques concernant la représentativité de la conférence.
« Ici, c’est le courant islamiste qui se réunit, beaucoup de tendances islamistes –les Frères musulmans mais d’autres aussi– qui essaient de se rencontrer, de s’organiser, de se positionner dans un processus en continuel changement », a affirmé à l’AFP Burhan Ghalioun, un opposant venu de Paris.
« Certains avaient l’intention de créer un gouvernement provisoire mais ça n’a aucun sens aujourd’hui, c’est prématuré, tout le monde est contre. Ils adoptent désormais un profil beaucoup plus bas: sortir avec un comité de suivi pour continuer les discussions avec les autres formations de l’opposition », a ajouté ce sociologue et activiste des droits de l’Homme, affirmant représenter une tendance laïque.

Interrogée sur cette réunion d’opposants syriens, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, en visite à Istanbul, n’a pas fait de commentaire.
Elle a jugé, de manière plus générale, que la situation syrienne ne peut pas être influencée de l’extérieur.
« Aucun d’entre nous n’a vraiment d’influence, en dehors du fait de dire ce que nous croyons, et d’encourager les changements que nous espérons », a-t-elle dit à la télévision CNN-Türk.
« Ce qui se passe en Syrie est très incertain et troublant, parce que nombre d’entre nous avaient espéré que le président Assad ferait les réformes nécessaires », a-t-elle ajouté.

Une réunion sans précédent d’opposants s’était déroulée le 27 juin à Damas, appelant à la poursuite du « soulèvement pacifique ». Et deux réunions d’opposants syriens ont déjà eu lieu en Turquie, en avril et juin.

AFP_____________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires