«Rendez moi mon fils !

«Rendez moi mon fils !

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Les propos de Salma Ould Sidi Mouloud, le père de Mustapha, âgé de 80 ans, exprimaient une profonde inquiétude quand au sort de son fils, détenu par le “Polisario” en Algérie. Lors de la conférence de presse organisée vendredi à Rabat par le Comité d’action pour la libération de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud (CALMS), le père de Mustapha a tenu à rappeler que l’attachement à la marocanité est une constante dans sa famille, ayant lui-même combattu dans les rangs de l’Armée de Libération dans les années 50. Et c’est non sans fierté qu’il a mis en avant son statut de résistant, sous la conduite de feu Mohammed V. Membre de la grande tribu des Rguibat Bouihat, Salma Ould Sidi Mouloud est un Cheïkh de tribu respecté auprès des siens, qui a été aussi membre de l’Assemblée sahraouie, du temps de la colonisation espagnole.

 

Mohamed Cheïkh Ould Sidi Mouloud, le frère du détenu des polisariens, qui a lui-même vécu dans la misère des camps, avant de rentrer au Maroc, en 2001, a tenu à narrer toutes les étapes de la vie tourmentée qu’il a eu avec son frère Mustapha et leur mère, dans les camps de la honte, depuis leur enlèvement par le “Polisario”, lors de l’attaque contre Smara, en 1979.  Je me suis retrouvé responsable de ma famille alors que je n’avais pas plus de 13 ans».

«Nous sommes une famille sahraouie qui a vécu réunie jusqu’à ce que le “Polisario” vienne nous séparer. Nous avons vécu depuis lors, éparpillés entre Smara et les camps de Lahmada.
Avec mon frère, nous avons été ensemble internes dans les établissements scolaires «9 janvier» et «11 octobre», situés dans les camps, avant de vivre quelques temps en Algérie et en Libye, d’où nous avons été chassés.

Mustapha a fait ses études en Algérie. Après avoir achevé une formation en physique, il a reçu une instruction d’officier à l’école de police d’Alger, puis une autre, en Yougoslavie, à l’Académie Tito de Belgrade. Pendant longtemps, Mustapha hésitait à venir au Maroc, intoxiqué par la propagande du “Polisario”, qui fait croire aux habitants des camps que les autorités marocaines font abattre une féroce répression sur les sahraouis dans les provinces du sud».

Profitant du cadre des visites familiales entre les populations déplacées des camps de Tindouf, en Algérie, et leurs familles restées chez elles, Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud en a profité pour se promener au Maroc et constater de visu la liberté qui y règne et les énormes progrès socio-économiques réalisés dans les provinces du sud du Maroc.

«Depuis que nous avons été emmenés de force par les polisariens dans les camps de Lahmada, nous avons toujours vécu sous les tentes, dans un misère difficile à qualifier», précise Mohamed Cheïkh. «Mustapha a longtemps réfléchi sur le vécu de notre famille dans les camps, sur ce qu’il a vu et entendu au Maroc, lors des visites qu’il venait rendre à notre père, avant de se décider à franchir le pas. Il pense que les sahraouis n’ont pas à vivre dans la misère des camps de Lahmada, alors qu’ils peuvent vivre décemment chez eux, au Maroc.

Trois options sont posées aux sahraouis, l’indépendance, l’intégration ou l’autonomie. Cette dernière solution offre l’avantage de préserver les spécificités et la dignité des sahraouis. Mon frère y a cru et a décidé de se faire l’écho de cette solution honorable auprès des habitants des camps de Lahmada».
Mardi 21 septembre, Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, qui a fait baptiser sa petite fille Lalla Meryem, au grand dam des polisariens, a été enlevé par les miliciens du “Polisario”, devant sa mère et son petit frère, et personne ne sait rien sur son sort. Son enlèvement révèle à la face du monde entier le «caractère dictatorial et totalitaire de la direction du Polisario», affirme Byat Ould Mzighab, de la tribu des Ouled Dlim.

Torture quasi ininterrompue
Selon le Forum de soutien aux Autonomistes de Tindouf, rapportant des informations obtenues par le CLAMS, Ould Sidi Mouloud «est soumis à la torture de manière quasi ininterrompue depuis son arrestation par le “Polisario”. Le supplice de celui qui a audacieusement soutenu le plan marocain d’autonomie au Sahara, se déroule «sous la supervision d’officiers algériens». Le Comite de soutien, qui se base sur des informations en provenance des camps de Tindouf, précise que les services du renseignement militaire algérien ont ordonné sa détention dans une prison mobile, un conteneur en continuel déplacement, afin que le lieu de sa détention demeure inconnu».

Salma Ould Sidi Mouloud, le vieux père de Mustapha, a lancé un fervent appel à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation, de toute la presse, nationale et étrangère, et de toutes les organisations humanitaires internationales pour exiger de l’Algérie la libération de son fils, duquel il a vécu séparé pendant trois longues décennies.

«Il n’a pas à être jugé, il n’a rien fait de mal. Il n’a fait qu’exprimer son avis» souligne le vieux père terrassé par l’enlèvement et la disparition de son fils par les miliciens du “Polisario” en territoire algérien.
Libérez Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud ! Rendez le à son vieux père et à sa mère patrie !            

 

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