Lutte contre la corruption: quand le dessin s’en mêle

Lutte contre la corruption: quand le dessin s’en mêle

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Des artistes en herbe ont choisi le dessin pour exprimer leurs préoccupations et convictions communes et témoigner de leur engagement citoyen dans la lutte contre la corruption.

En donnant libre cours à leur imagination, des artistes en herbe ont choisi le dessin pour exprimer leurs préoccupations et convictions communes et témoigner de leur engagement citoyen dans la lutte contre un phénomène multiforme et omniprésent qui n’épargne aucun pays: la corruption.

Les productions artistiques de ces jeunes talents mettent en lumière le caractère à la fois banal et familier de ce fléau qui, en dépit des efforts déployés autant par les pouvoirs publics que par la société civile, continue de prendre une ampleur de plus en plus inquiétante.

Des artistes, âgés de 16 à 35 ans, ont rivalisé de créativité pour donner corps à une vingtaine de dessins, sélectionnés en finale du 1er Concours national de dessins humoristiques. Ils sont les auteurs d’œuvres présentées au grand public à la galerie de l’Institut français de Rabat, dans le cadre d’une exposition intitulée « Dessiner contre la corruption » dont le vernissage a eu lieu, jeudi, à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre la corruption (6 janvier).

Initiative conjointe de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) et de l’ambassade de France au Maroc, cette action vise à mobiliser la jeunesse, « vecteur important de transmission des valeurs d’intégrité et de transparence », souligne le président de l’ICPC, Abdesslam Aboudrar, dans la préface d’un recueil qui regroupe les œuvres de ces jeunes talents, originaires des quatre coins du Royaume.

« Notre motivation, poursuit-il, avait dès lors un double objectif: encourager les jeunes amateurs et professionnels à s’exprimer par le dessin et les sensibiliser aux méfaits de la corruption ».

Adil El Karmoudi (35 ans), un des finalistes de ce concours, témoigne de son expérience à la MAP: « L’idée de ma caricature, dit-il, est de sensibiliser aux conséquences désastreuses de ce fléau ».

Ulrich Zouanda (21 ans), un autre jeune artiste ayant mis ses palettes à contribution, parle au travers de ses fresques de la manière dont il perçoit le phénomène. Il indique avoir dessiné « un homme gros et riche qui se met derrière un lecteur, la main sur l’épaule, comme pour le manipuler à l’instar d’une marionnette ».

Au fil de l’exposition, d’autres artistes alternent les couleurs et les formes, puisant chacun dans un répertoire qui lui est cher, une conception propre d’un phénomène pluriel.

Cette exposition n’est pas la première du genre. Plusieurs initiatives similaires ont déjà été mises en œuvres dans le cadre d’un partenariat entre l’Instance et l’ambassade de France pour sensibiliser autour de la corruption. Rien que l’année dernière, cette collaboration a donné lieu à la production d’un spectacle de marionnettes et d’une bande dessinée distribuée dans de nombreuses écoles marocaines.

« Nous poursuivrons nos efforts par la mobilisation de notre jeunesse, symbole de l’avenir du pays et fer de lance de sa construction », reprend M. Aboudrar dans la présentation du recueil.

Même son de cloche du côté de l’ambassadeur de France à Rabat, Jean-François Girault, qui s’est dit heureux de contribuer aux côtés du Maroc aux efforts de lutte contre ce fléau, qui « touche l’ensemble des pays du monde et qui corrode l’Etat de droit et l’éthique personnelle ».

Il a également considéré que les efforts déployés par le Royaume en matière de lutte contre la corruption sont « très louables », soulignant l’importance d’associer les jeunes, les professionnels et les non-professionnels à cette initiative.

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