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L’ancien chef de gouvernement est un homme amer et préfère se faire discret pour ne pas montrer à ses adversaires qu’il avait perdu la face.

Après une visite à la Mecque pour le petit pèlerinage, « Al Omra », l’homme se terre chez lui et ne reçoit que rarement et sur insistance des membres de son parti, un parti avec lequel il a pris ses distances bien qu’il en soit toujours le chef. Avec son successeur, Saad Eddine El Othmani, le contact est coupé et une réconciliation relève désormais de l’impossible, Benkirane continuant de lui reprocher face à ses visiteurs, d’avoir vendu l’âme du parti et d’avoir fait les concessions que lui a toujours refusé lors des négociations sur la formation de l’actuel gouvernement. La fâcherie entre les deux hommes peut avoir de lourdes conséquences et elle atteint un point de non retour si l’on sait que El Othmani n’a pas daigné aller féliciter son prédécesseur pour son pèlerinage comme le veut la tradition.

Sur un autre plan, l’ancien chef du gouvernement refuse ses indemnités de départ et sa retraite à la fois de député et d’ancien chef de l’exécutif, mais a accepté tout de même la voiture de fonction mise à sa disposition sur ordre du souverain. L’homme tient à montrer qu’il n’a pas changé et qu’il continuera à vivre modestement, mais pour ce qui concerne ses ambitions politiques, l’homme n’a pas dit son dernier mot.

L’écriture de ses mémoires attendra car Benkirane ne veut surtout pas montrer qu’il est un homme fini.

Par Jalil Nouri

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