Mali : Transfert du pouvoir aux civils

Mali : Transfert du pouvoir aux civils

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Un accord-cadre conclu vendredi entre la junte et des représentants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) prévoit le transfert du pouvoir aux civils et la désignation d’un président de la République et d’un Premier ministre de transition jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives.

L’accord stipule que le poste de chef de l’État intérimaire doit être occupé par le président de l’Assemblée nationale qui, avec son gouvernement, a théoriquement 40 jours maximum pour organiser des élections. Mais le texte prend acte de «l’impossibilité» de tenir ce délai, vu les «circonstances exceptionnelles» et la crise au Nord, sans fixer une durée pour la transition. Qui sera le chef du gouvernement de crise ? De nombreux noms circulaient à Bamako ces dernières heures, dont celui d’un Arabe du Nord, Zahby Ould Sidi Mohamed, fonctionnaire de l’ONU au Soudan, et de plusieurs candidats à la présidentielle. La Cédéao a décidé «la levée avec un effet immédiat de toutes les sanctions imposées au Mali», un embargo diplomatique, économique et financier qui menaçait d’asphyxier le pays. Les auteurs du coup d’État se voient ainsi offrir l’amnistie.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé la junte «à mettre rapidement en œuvre les dispositions de l’accord-cadre qui prévoit un transfert du pouvoir aux autorités constitutionnelles». L’Union africaine, l’Union européenne et l’ex-puissance coloniale française, notamment, ont salué l’accord. Lors d’une rencontre avec la classe politique samedi, Dioncounda Traoré a salué la junte pour avoir accepté de rétablir l’ordre constitutionnel, et affirmé que le Mali «a besoin de son armée pour recouvrer l’ensemble de son territoire».
Alors que les putschistes accusaient ATT d’«incompétence» dans sa gestion de la situation dans le Nord, le coup d’État a précipité le pays dans la plus grave crise de son histoire : la moitié septentrionale est passée il y a une semaine sous le contrôle de rebelles touaregs, d’islamistes armés et de divers groupes criminels. Les ministres des Affaires étrangères d’Algérie, du Niger et de la Mauritanie se réunissaient dimanche dernier à Nouakchott pour discuter de la situation au Mali, en l’absence de représentants de ce pays. Une réunion du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) de ces quatre pays – dits «du champ» – est attendue dans les prochains jours.

La proclamation d’indépendance du Nord, vendredi, par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg), unanimement rejetée en Afrique et dans le reste du monde, ajoute à la confusion. Elle ressemble plus à un effet d’annonce qu’à une réalité sur le terrain où le MNLA semble avoir été marginalisé par les islamistes du mouvement Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) d’Iyad Ag Ghaly, figure des ex-rébellions touaregs des années 1990, appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont trois des principaux chefs ont été vus à Tombouctou avec lui.


L’heure est à l’union

Interrogé par Radio France internationale (RFI), Tiébilé Dramé, chef de l’un des plus importants partis politiques maliens, le Parti pour la renaissance nationale (Parena), a estimé que «l’heure est à l’union, la réconciliation et la tolérance». «Nous devons avoir une pensée émue pour la partie de notre peuple qui vit aujourd’hui dans les trois régions du Nord, coupée du reste du pays». Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a «salué» un accord qui «permet le retour à l’ordre constitutionnel» et «crée les conditions pour avancer vers la recherche d’une solution politique concernant le Nord». Dès l’installation des autorités civiles, «la France reprendra sa coopération bilatérale civile et militaire» interrompue après le putsch, a-t-il ajouté.
Repères

* Inquiétude
* La Mauritanie a rejeté vendredi la proclamation unilatérale par la rébellion touareg de l’indépendance de l’Azawad dans le nord du Mali et exprimé sa «vive préoccupation» concernant la situation dans ce pays, selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères.
* Rejet
* Le Niger «rejette catégoriquement» la déclaration par la rébellion touareg au Mali de l’indépendance de l’Azawad, territoire frontalier au nord, a annoncé vendredi le gouvernement nigérien.
* Interpellation
* L’ex-Premier ministre malien Modibo Sidibé, détenu plusieurs jours par les militaires ayant renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré, a de nouveau été interpellé vendredi à Bamako et conduit au quartier général des putschistes.
AFP

 

AFP_____________

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