Marche du 20 Février 2011: Que faut-il en retenir ?

Marche du 20 Février 2011: Que faut-il en retenir ?

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Il convient tout d’abord de relever que le chiffre de 37000 participants pour 35 marches recensées à travers tout le pays parait faible au vu des longs préparatifs qui ont marqué ces manifestations sur le réseau Facebook. A ce titre, il semble évident que les organisateurs, dispersés dans plusieurs villes ont souffert d’un manque de communication et de coordination entre eux, jugeant à priori que tous les efforts devaient être concentrés sur la capitale et dans une moindre mesure sur Casablanca. Cela a, par conséquent, rejailli sur le déroulement des marches, sur le contenu des messages affichés et entendus et sur l’encadrement-même des marcheurs. L’improvisation ayant été le maître-mot de ces événements, la naïveté de certains slogans remarqués ici et là ayant prouvé le manque de maturité politique d’une bonne partie des participants, faut-il pour autant conclure à l’inanité d’une telle initiative? Pas si sûr si l’on en juge par les comptes-rendus positifs faits par la presse internationale qui salue le côté pacifique de ces manifestations, contrairement à ce qui a été vécu dans d’autres pays, et ce, malgré les dérapages prévisibles qui se sont produits dans certaines villes et dont les bilans seront revus à la hausse dans les prochaines heuresprobablement.

Mais au-delà de leur côté « bon enfant », il ne faudra pas voir ces différentes marches qui ont réuni des populations disparates mais majoritairement jeunes, aboutir sur des réformes dans l’immédiat tant les revendications, au demeurant légitimes pour certaines, sont multiples et difficiles à satisfaire. A titre d’exemple, celle qui appelle à une révision profonde de la constitution est à celle un vaste chantier qui devrait être conditionné au préalable, par la tenue d’un référendum par lequel la population serait appelée à affirmer ses choix.

Mais ce qui, incontestablement, lézardera le plus le mur de la cohésion sociale, c’est le fossé qui s’est creusé encore plus après ces marches entre les citoyens et la classe politique qui n’a pas daigné accompagner ce mouvement, une position qui risque de lui coûter lors des prochaines échéances électorales. Car c’est là l’autre enseignement de ce qui vient de se passer: l’avantage de pouvoir faire sortir les foules dans la rue a définitivement changé de main pour relever désormais du virtuel.

Au Maroc, on pourra désormais dire qu’internet et ses réseaux sociaux ont fait irruption dans le champ politique national en décrédibilisant les partis. Là est un autre débat, avec des prolongements à risques qu’il ne faudrait guère souhaiter pour le pays.

Jalil Nouri pour Actu-Maroc.com _______________________

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