Mariée à son violeur, une marocaine agressée après avoir demandé le divorce

Mariée à son violeur, une marocaine agressée après avoir demandé le divorce

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Une mineure qui avait été contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée l’an dernier a été violemment agressée par son mari parce qu’elle venait de demander le divorce, ont rapporté, mardi 11 novembre, des médias marocains. « Je te jure que personne ne t’épousera après moi », aurait clamé l’agresseur, d’après plusieurs médias.

« Forcée d’épouser son violeur » il y a un an, Khaoula, 17 ans, a été agressée, samedi, à Marrakech, à l’aide d’une « lame de rasoir » après avoir « demandé le divorce », selon le site de l’hebdomadaire Tel Quel, qui cite un responsable local de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Selon la même source, elle a été hospitalisée et souffre « de multiples entailles », qui l’ont « défigurée » et ont nécessité une quarantaine « de points de suture ». Une photo de la victime figure sur le site de Tel Quel.

 

Des ONG réclament justice

Dans un reportage sur la chaîne nationale Al-Oula, un médecin de l’hôpital Ibn Tofail de Marrakech explique que la victime a reçu « une cinquantaine de coups au visage et une vingtaine sur ses mains et ses bras ». Des ONG locales comptent aider la jeune fille à « réclamer justice », a précisé à l’AFP le responsable de l’AMDH, Omar Arbib.

Ce fait divers rappelle une affaire qui avait suscité l’émoi dans le monde entier : le suicide, en mars 2012, de la jeune Amina Filali. Agée de 16 ans, elle avait été contrainte d’épouser l’homme qui l’avait violée. A la suite de cette polémique, le Parlement a amendé, en janvier dernier, l’article 475 du Code pénal, qui permettait jusque-là à un violeur d’échapper aux poursuites en épousant sa victime mineure.

 

L’épineuse question du mariage des mineures

Les parlementaires ont en revanche échoué jusque-là à voter une loi visant à restreindre ou à interdire le mariage des mineures. Les militants des droits des femmes réclament l’interdiction des dérogations permettant le mariage des mineures, qui a atteint 35 000 cas en 2013 contre moins de 20 000 dix ans plus tôt.

Dans leur combat, ils s’appuient sur les acquis de la Constitution de 2011, adoptée durant le Printemps arabe, qui consacre l’égalité des droits et exhorte l’Etat à œuvrer à la parité. Le gouvernement emmené par les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) est pour sa part favorable à une interdiction du mariage pour les seules mineures de moins de 16 ans.

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