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L’approche des élections communales semble déchaîner les passions et ouvrir un débat des plus improbables.
Il y d’abord, soit tout de suite dit, certains partis politiques, qui paradoxalement, ne semblent pas manifester d’intérêt à ce que les marocains aillent voter, sinon leurs adeptes, se garantissant ainsi un bon score relatif et donc des sièges. Le scrutin de liste favorise justement cela.
Leurs appels à la participation à la vie politique se font du bout des lèvres. Ils montrent sans se gêner un manque manifeste d’enthousiasme. Une posture stratégique somme toute bien partisane.
Il y a ensuite les citoyens, de toutes les conditions, avec les jeunes en tête, qui montrent un désintérêt viscéral et se désolidarisent quasiment du processus.
Leur boycott a été tel, que dans un ultime espoir à voir la donne changer, ils ont poussé à la réouverture des inscriptions sur les listes électorales.
Une démarche tant exceptionnelle que surprenante, pour éviter le fiasco le 4 septembre prochain.
Chacun dans son petit milieu et de par ses fréquentations mesure sans doute, combien nombreux marocains sont remontés et avec quelle ardeur ils défendent leur non participation. J’avoue avoir été incapable à chaque fois de convaincre du contraire, autour de moi.
En fait, le positionnement de cette jeunesse sans perspective dans nombreux cas, et des moins jeunes meurtris de désillusions en désillusions, est un véritable reflet que nous renvoie la société de sa perception de la vie politique. Il faut bien en prendre conscience, sans se voiler la face.
Il y a enfin les communicateurs qui se bousculent au portillon proposant leurs potions magiques pour amener les gens à s’inscrire et à voter. Comme si leurs démarches et messages creux et déphasés avaient été efficaces par le passé. Ils ne se rendent pas compte ou font semblant de ne pas comprendre que la crise est profonde et la détermination à ne pas participer aux différents suffrages, inquiétante. Ils cherchent visiblement à profiter du désarroi des autorités et de la manne financière autour.
Si les marocains votent de moins en moins, et risquent de voter encore moins cette fois ci, ce n’est point par manque de patriotisme, ou par méconnaissance de l’importance de l’acte de voter ou encore à cause d’un déficit d’information. C’est probablement parce qu’ils sont fatigués d’un mode qui n’a jamais fonctionné à leur satisfaction. Ils sont lassés d’un exercice qui ne leur a apporté jusqu’ici que frustrations et déceptions.
Ils veulent autre chose.
Ils veulent des communes qui fonctionnent, des droits respectés véritablement. Ils sont dégoutés des effets d’annonces, des mensonges et des promesses non tenues. Ils veulent de la dignité, de l’honnêteté et de l’intelligence dans la gestion de leur quotidien.
Saturés des imposteurs, ils veulent voir les meilleurs parmi eux aux commandes.
Avec tous cela, nos jeunes, nos concitoyens tout court, doivent comprendre qu’il n’y a pas d’autre issue, ni alternative. Ils doivent assimiler qu’il n’y a qu’eux pour changer les choses et les faire évoluer. Ils doivent se convaincre eux mêmes que leur destin est entre leurs mains et pour cela ils sont dans l’obligation de participer à la vie politique et prendre part au débat qu’elle suscite. Leur abdication ne peut que faire le lit des extrémismes de tout bord.
S’inscrire sur les listes électorales est un acte politique signifiant la fierté de l’appartenance. Voter est un autre acte politique, signifiant lui la volonté de faire avancer le pays et la communauté.
Le contraire est une lâcheté intellectuelle et un abandon de sa liberté, de son droit et de sa dignité au profit de l’incompétence, de l’imposture, de la corruption et de l’inefficacité.
Nos concitoyens ont en assez d’un système auquel en fait ils contribuent hélas amplement par leur attitude nihiliste. Un mode de fonctionnement qui â fréquemment généré de l’inaptocratie.
L’inaptocratie se définie comme « un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle »
Fin de citation.
Si nous voulons sortir de cette situation des fois dramatique, alors il faut s’inscrire et voter, quitte à voter blanc. Â condition que les votes blancs soient comptabilisés en tant que tels. Une façon de manifester son attachement au pays et à ses valeurs démocratiques tout en rejetant ce qui n’est pas pour nous plaire. Une façon de dire que tous ces candidats là ne nous satisfont pas ou que tous ces programmes ci sont nuls..
Ceci à moins qu’on en vienne à l’obligation de voter, par la loi…
Mais cela est une autre paire de manches

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