Maroc: le Football dans la tourmente…

Maroc: le Football dans la tourmente…

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Les soubresauts que connaît notre football depuis près d’une semaine ne sont point à notre honneur à tous.
Le climat de tension qui y règne est inquiétant, à plus d’un titre.
Il est inquiétant parce que la déferlante s’est déclenchée suite aux propos incendiaires d’une personnalité de premier rang de la Fédération Royale Marocaine de Football, de surcroît président de l’une des plus grandes institutions footballistiques du royaume, reçue, félicitée et décorée par le symbole du pays, en reconnaissance suite à la prestation exceptionnelle en coupe du monde du club qu’il préside.
Ce qui se passe est inquiétant, parce que les politiques, dont c’est le rôle naturel, se sont engouffrés dans la brèche et ont donné une toute autre tournure à la problématique, si problématique il y a.
Ce qui se passe est inquiétant parce que les choses semblent avoir ravivé, par ricochet, un sentiment de prétendue discrimination, basée sur un régionalisme qu’on pensait dépassé.
L’heure est donc grave. Elle est propice au débordement et à la surenchère.
Chacun y met du sien selon ses intérêts étroits. C’est peut être aussi le moment adéquat pour remettre au goût du jour, les questions fondamentales qui s’imposent comme prélude à une compréhension aussi parfaite que possible de la situation.
Ce n’est que sur la base d’une telle démarche, qu’il nous sera possible de sortir de l’ornière et d’éviter de revivre des ambiguïtés similaires à l’avenir.
Qu’est ce qui favorise ce sentiment persistant de suspicion et de manque de confiance dans notre football?
Les résultats seraient ils tous douteux, les arbitres seraient tous véreux et la Fédération serait elle un terroir de malversations et de magouilles.
Sans preuve aucune, sans raison évidente, tous le monde du football est constamment sous pression, en permanence dans le collimateur.
Dans une impunité agaçante, les uns et les autres s’adonnent à cœur joie à l’insulte, à la diffamation.
Chaque semaine nous vaut son lot de propos infondés.
Chaque fin de semaine des déclarations irresponsables, irrespectueuse de l’éthique et de la déontologie, inondent la place, alimentent la polémique au plus profond de la société.
Chaque semaine  des médias à vide de sensationnel parfois, parfois simplement complices sur jouent pour ne pas dire participent à la surchauffe.
Les journées de football se suivent et se ressemblent entamant chaque fois un peu plus la crédibilité des instances et du système.
Le « supportérisme » et l’amour partisan légitiment t ils des prises de positions aveuglées au dépens de là sérénité et de la stabilité d’un mode de gestion que le législateur a volontairement cédé aux clubs eux mêmes.
Mais que veulent ils?
Que cherchent ils?
Qu’attendent ils d’un tel climat délétère?
L’État naguère accusé de toutes les dérives a finit par céder le pas.
La Fédération Royale Marocaine de Football s’est résolue elle aussi à déléguer ses pouvoirs à des groupements, favorisant une nouvelle forme de management.
Et pourtant rien de cela n’y a fait.
L’ambiance ne s’en est que plus envenimée.
Jamais dans l’histoire de notre football il n’y eu une situation pareille.
La question  fondamentale est donc de savoir si nos clubs, si leurs dirigeants  sont assez matures pour
s’auto-gérer?
Sont ils capables de regarder l’intérêt du football national, loin du « supporterisme » primaire?
Je suis de ceux qui malheureusement  pensent que nous en sommes très loin.
La situation ne pourra évoluer qu’au bénéfice de la révision urgente de la loi, des statuts et des règlements des fédérations.
C’est une question culturelle peut être.
Il n’ y a qu’à faire le parallèle avec le monde politique pour vite comprendre que les choses se passent à l’identique.
Moi et mon parti. Moi et mon club et le reste لهلا يقلب
Mais cela est une autre paire de manches.
Pae Aziz Daouda

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