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Une fois le bilan de la dernière édition arrêté et les conclusions tirées, l’heure de la douche froide pourrait venir pour les équipes et le public de Mawazine, le festival musical le plus important du Maroc qui compte parmi les plus riches en programmation et moyens financiers à travers le monde. Depuis le départ de l’ancien patron, Mounir Majidi, de l’association « Maroc Cultures », organisatrice de l’événement, impressionnant par ses réalisations mais souvent critiqué par une partie de la presse et de l’opinion publique pour les sommes colossales dépensés chaque année en cachets des artistes dans un pays souffrant d’un manque flagrant en infrastructures de base, depuis ce départ donc, assimilé à l’arrêt de mort de Mawazine, les langues ont commencé à se délier parmi des cadres et des permanents prêts à quitter le bateau au moindre signal de fin de partie.
Ce n’est pas tant le modèle économique qui en serait à l’origine, les sponsors se bousculant aux portillons avec des apports très généreux dont aucun autre événement ne pourrait se prévaloir, mais beaucoup plus la pression de l’opinion publique et des nombreuses critiques qui abondent chaque année jusqu’à en faire un sujet politique abordé au parlement et alimenté par les élus islamistes du PJD.
La décision d’éteindre définitivement les éclairages des scènes de Mawazine sera également politique, le roi ayant toujours veillé à sa réussite. Sans parler des paramètres purement sécuritaires qui pourraient également peser dans la balance, les menaces étant toujours présentes à chaque édition.

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