MegaUpload : chute d’un empire ou chaos à venir ?

MegaUpload : chute d’un empire ou chaos à venir ?

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Certains comparent la dernière opération des Etats-Unis contre le site MegaUpload à la prohibition du début du siècle dernier. Les consommateurs vont continuer à chercher leurs produits dans les bars clandestins d’internet qui sont devenus ingérables. Car en fermant MegaUpload, on a seulement bloqué certaines vannes d’approvisionnement. L’Europe et les Etats-Unis ne semblent d’ailleurs pas d’accord sur la logique de l’opération. Retour sur une histoire de téléchargement aux retombées conséquentes.

Officiellement, le site MegaUpload.com permettait d’héberger des fichiers et de les partager sur l’internet. Dans les faits, il offrait des milliers de films, séries, émissions de télévision ou chansons en libre accès, par téléchargement direct ou streaming. Alors vendredi dernier, la justice américaine a saisi 50 millions de dollars d’actifs et a lancé des poursuites contre sept responsables du site MegaUpload.com, dont le fondateur. Quatre personnes ont été arrêtées en Nouvelle-Zélande. Elles sont accusées d’avoir tiré de leurs forfaits quelque 175 millions de dollars de profit. Le fondateur du site, Kim Schmitz, alias Kim Dotcom, un Allemand de 37 ans, est lui-même accusé de piratage massif, à la demande du FBI américain.

Des représailles du collectif de pirates Anonymous

Seulement voilà, la fermeture du site n’est pas du goût de tout le monde et elle a aussitôt été suivie de représailles du collectif de pirates Anonymous qui a mis hors service pendant plusieurs heures les sites du FBI et du ministère de la Justice américaine. En France, la fermeture du site de Vivendi a fait suite à cette série d’attaques. Le groupe de hackers a aussi revendiqué le blocage pendant plusieurs heures de sites internet américains, dont celui de la maison de disques Universal Music, qui appartient à Vivendi. Vendredi, Anonymous s’en était pris brièvement au site internet de la présidence française, après que le président Nicolas Sarkozy a salué la décision de la justice fédérale américaine de fermer le site MegaUpload.com.

Une grande campagne anti-piratage lancée en juin 2010

Côté américain, c’est la satisfaction. Ainsi, plus de 350 sites ont déjà été « saisis » par les autorités depuis le lancement il y a plus de 18 mois d’une campagne baptisée « Operation In Our Sites ». Le site d’hébergement de fichiers MegaUpload est le plus médiatisé parmi les centaines de sites internet fermés par les autorités américaines depuis 2010 en raison de leur offre illégale, issue du piratage ou de la contrefaçon. Néanmoins, un porte-parole des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) a assuré vendredi que l’opération contre MegaUpload avait été menée par la police fédérale (FBI), et formellement ne faisait pas partie d’« Operation In Our Sites. » Mais il a bien indiqué qu’elle correspondait à cette grande campagne anti-piratage lancée en juin 2010. Cette traque ne s’est donc pas limitée à l’offre de films piratés, mais également à l’offre de musique, de logiciels, de jeux et même de biens physiques comme des vêtements, des produits électroniques et des médicaments.

« Nous n’avons pas besoin d’une mauvaise législation »

Hasard de calendrier ? L’annonce de la fermeture de MegaUpload.com intervient en pleine polémique aux Etats-Unis sur des projets de loi antipiratage, qui ont poussé Wikipedia en réaction, à fermer l’accès à ses services en anglais mercredi et Google à masquer son logo. En Europe la Commissaire européenne aux nouvelles technologies Neelie Kroes a aussi jugé « mauvais » les projets de loi antipiratage aux Etats-Unis. « Nous n’avons pas besoin d’une mauvaise législation mais plutôt de protections pour un réseau ouvert », a-t-elle affirmé, ajoutant : « La réglementation sur l’internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d’un réseau ouvert. » Elle explique : « Les excès de vitesse sont illégaux, mais on ne place pas des ralentisseurs sur une autoroute. »

« Créer une solution légale de qualité et accessible à tous »

Car dans la tête des gens qui s’abonnaient à MegaUpload, il ne s’agissait pas de piratage, mais d’avoir accès à des fichiers disponibles sur la Toile, d’où qu’ils viennent. Forte d’une expérience compliquée, l’industrie de la musique a ainsi réussi à réagir face à Napster, première plateforme de téléchargement illégal arrivée en 1999. Des modèles économiques ont alors vu le jour et des offres plus légales avec abonnement à la Deezer, Spotify ou Qobuz coexistent et survivent. Serait-ce un exemple à suivre ? La députée Aurélie Filippetti expliquait ainsi : « Oui, il y a besoin d’un nouveau modèle. Le combat ultra-répressif d’Hadopi contre le seul peer-to-peer a fait place au monstre qu’est MegaUpload, qui profitait des œuvres sans rien reverser aux artistes. [..] Il faut mettre fin à ce genre de pratiques, sauf qu’on ne peut pas arrêter tout le monde et qu’il est plus intéressant de créer une solution légale de qualité et accessible à tous. »

 

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