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Le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, à bout d’arguments dans la crise qui oppose le Maroc à la Suède concernant le dossier du Sahara, pousse les observateurs de l’action diplomatique marocaine en période de crise, à se poser des questions sur ses capacités réelles à faire face à un tel imbroglio dans lequel son département encaisse des coups sans réagir et sans envoyer au front la supposée élite qu’il se prévaut de posséder.

Le ministre a toujours comme paravent pour se dédouaner, le fait que le dossier du Sahara est géré directement par le roi et qu’il ne peut prendre aucune initiative sans en référer à qui de droit, ce qui le condamne à observer une certaine passivité et attendre les ordres. Ce qui n’était pas le cas de son prédécesseur le plus chevronné, aujourd’hui conseiller royal, Taieb El Fassi, qui disposait d’une plus large marge de manœuvre dont il a largement profité pour obtenir des avancées et gains diplomatiques dans ce dossier très sensible qui empoisonne les relations du Maroc avec les pays proches des thèses algériennes.

Mezouar a également le handicap d’être un homme politique marqué au centre-droit au niveau idéologique, ce qui, dans le cas de la Suède le désavantage et le met mal à l’aise face aux dirigeants suédois, issus, eux, de la gauche.

Pour se sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve, le ministre a fini par adopter une attitude attentiste, guère rentable, en suivant les déplacements informels de délégations qui reviennent toutes bredouilles sans avoir dans leurs bagages, l’assurance que le projet de reconnaissance des séparatistes sahraouis comme état, n’est qu’un accident de parcours car il sera difficile sinon impossible de faire bouger la Suède de sa position. Ce constat, Mezouar est parti pour le traîner comme un boulet jusqu’à la fin de son mandat.

Par Jalil Nouri

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