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Le suicide d’une jeune masseuse de 22 ans, travaillant dans un salon d’esthétique et de massage au quartier du Mâarif à Casablanca a plongé tout ce quartier dans une profonde tristesse.tous ceux qui la voyaient arriver tôt le matin à son travail et n’en repartir que tard le soir après s’être éreintée sur la douzaine de corps sur lesquels elle s’activait pour un salaire dérisoire afin de subvenir aux besoins de sa mère dans le veuvage et ses trois frères.

La fille n’en pouvait plus de cette existence difficile ces derniers jours et une dispute avec sa mère est venue précipiter sa décision de mettre fin à ses jours. Un homme était prêt à la demander en mariage mais sa mère s’y opposait fermement pour la garder auprès d’elle et continuer à faire vivre le foyer. Mais le travail constituait également une cause de son suicide puisqu’elle ne supportait plus de masser des hommes clandestinement dans le salon que la propriétaire accueillait pour une prestation de 30 minutes facturée à 300 dhs en plus des pourboires qu’elle s’accaparait sans vergogne pour ne rien laisser à Jihane sauf le rude labeur avec des clients libidineux qui malgré son voile, lui demandait des faveurs particulières qu’elle refusait systématiquement.

Masseuse de femmes exclusivement, JIhane a fini par être réduite en esclave risquant la prison à chaque instant dans un salon se prétendant réservé exclusivement aux femmes. Mais JIhane a fini par ne plus supporter cette amère réalité et l’illégalité dans laquelle elle travaillait dur jusqu’au jour où elle a décidé d’en finir avec ce quotidien insupportable.

Par Hanane El Ouali

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