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Madame Bassima Hakkaoui, ministre de la solidarité, de la femme et du développement social, vient de rendre public les résultats de l’enquête nationale sur le handicap, entreprise en 2014.
On y apprend que 6,8% de notre population, soit plus de deux millions de citoyens sont porteurs de divers handicaps.
Statistiquement donc, un ménage marocain sur quatre, est concerné.
Au début de la décennie, dans l’union européenne, une personne sur dix portait un handicap, soit 37 millions. Ce ratio était  de 1/7 au Canada soit 4 millions d’habitants . Pour la même période, les USA comptaient 54 millions d’handicapés, soit une personne sur cinq, alors qu’en Australie 3,7 millions de citoyens possédaient un handicap. L’étude s’est aussi attardée sur les conditions de vie de ces personnes, leur degré d’intégration en milieu scolaire, dans le milieu du travail et d’autres aspects encore.
C’est la deuxième enquête du genre réalisée au Maroc, indice d’une véritable prise de conscience quand à l’importance de traiter d’une question aussi préoccupante.
Ce genre d’études permet substantiellement d’entrevoir les solutions et les adaptations nécessaires à l’intégration de ces franges de la société.
Il est bien sûr du devoir d’une nation de procéder à la mise en place des législations requises, aux aménagements obligatoires et aux investissements impératifs, à partir de la réalité du terrain, afin que ces personnes puissent vivre pleinement leur citoyenneté et jouir de l’ensemble de leurs droits.
Le Maroc, en procédant de la sorte, lève le voile sur une question restée taboue trop longtemps.
Longtemps durant, le handicap constituait une gêne, vécue dans l’isolement voir dans la honte. Le handicapé était et est encore souvent condamné à l’exclusion.
Le handicap n’est pas qu’une affaires de recensement et de statistiques. Ce sont surtout des situations les unes plus particulières que les autres, aux quelles il faut absolument apporter des réponses adéquates.
Aujourd’hui nous avons appris à mettre les mots qu’il faut sur cette situation, prélude certain à une approche plus innovante et plus judicieuse, au profit de près de 7% de nos concitoyens.
Deux millions deux cent milles marocains, ce n’est pas un détail.
Nous sommes en phase d’un vivre mieux pour les personnes en situation de handicap, en attendant de construire un vivre ensemble véritable.
le Maroc est ainsi entrain de rattraper son retard à pas de géant.
Il s’est, sans réserve, inscrit dans l’égalité des droits et des chances pour tous.
Malgré tout, il subsiste des poches de résistance.
Je prends pour exemple une famille amie de Rabat, dont l’enfant autiste a eu les pires difficultés à être admis à l’école. Le petit ne rêve que d’une chose: apprendre. Et il en a les moyens. Il pourrait réussir comme Karim Benabdeslam  qui voilà quelques mois soutenait avec brio un master à Dar al Hadith Alhassania.
Un autre ami de Témara, a eu d’énormes difficultés à faire admettre sa fille dans un centre, pourtant spécialisé.
Il faut particulièrement salué l’impulsion royale qui a engendré un travail gigantesque de l’état et aussi l’effort de la société civile, souvent soutenue par les divers programmes de l’INDH.
Allez visiter, à titre exemple, les locaux de l’AMI à Casablanca,  animé par notre ami RACHID Mekouar et son épouse et vous serez surpris du chemin parcouru.
Ce modeste billet, je voudrais le dédier à Yacine. Un adolescent trisomique de Sidi Ghanem à quelques 20km de Skhour Rhamna, à la frontière avec les Doukalas.
Je l’ai vu joyeux dimanche dernier. Nous avons partagé un couscous dans sa famille. Il riait et participait avec intelligence à notre discussion. Il était si bien intégré parmi les siens, tellement aimé de ses parents. Un adolescent heureux mais qui n’a jamais été à l’école, ni n’a bénéficié d’une quelconque prise en charge spécialisée.
Lundi, j’apprenais par son oncle, qu’il nous avait quitté. Il ne saura jamais que j’ai parlé de lui.
Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

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