Musique du Maghreb : La musique gnawa à l’honneur à Montréal

Musique du Maghreb : La musique gnawa à l’honneur à Montréal

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Dès son entrée en scène, le groupe a su jouer sur l’interactivité des spectateurs en se mêlant à la foule, l’invitant à danser et à chanter avec lui, marquant ainsi le coup d’envoi d’un spectacle inédit.

Avec son hajhouj, le fondateur du Festival est resté fidèle à lui-même en faisant preuve d’une rare maîtrise de l’instrument, avec les incontournables Krakebs, ce qui lui a valu les acclamations du public, envoûté par le rythme musical, désormais familier des fans de ce Festival où fusionnant les rythmes marocains (ghiwane, sahraoui, berbère) aux côtés des genres reggae, blues et jazz, combinés aux percussions gnawa.

L’événement a été aussi l’occasion de rendre hommage au Marocain Nazir Bouchareb, cordiste et luthier, adepte du gnawa et de la fusion, décédé du cancer à l’âge de 45 ans dans un hôpital de Montréal, le 8 juin 2011.

Avec sa musique de transe et de voyage, Saïd Mesnaoui se veut un chantre de l’ouverture sur le monde. C’est ainsi qu’il tente sans cesse de jeter des ponts, que ce soit entre musiciens maghrébins, québécois, français ou d’ailleurs, à travers les diverses influences musicales, pour transmettre des messages de paix, de joie et d’espoir.

Lors de ses diverses productions musicales au Canada, Saïd a exploré différents styles, d’abord traditionnel, puis fusionnel et pour ensuite effectuer un retour à ses racines avec son disque La Montagne aux couleurs de jazz-transe avec des musiciens québécois.

Le jeu sonore comporte une ligne mélodique par l’apport du sax, violon, flûte, luth, guitare, basse, instruments qui confèrent à sa musique tantôt un ton oriental, tantôt occidental. Les percussions tablas, derbouka, bendir, krakebs élèvent le rythme pour évoluer vers la transe.

Saïd Mesnaoui avec son hajhouj, donne à sa musique toute sa force et son intensité. Il entretient la complicité avec les musiciens du Monde qui ont su si bien apprivoiser sa musique.

A Montréal, il a ainsi enchanté le public au gré de ses compositions, dont «Fik-Anta» (Réveilles-toi), où les rythmes marocains (ghiwane, sahraoui, berbère et gnawa) viennent s’harmoniser au tempo rock, aux pulsations reggae, au blues et au jazz, avec en couronnement la magie de la transe gnawa.

Saïd chante aussi la paix «Salam». Il pose son regard sur le monde et cherche à scruter d’autres horizons afin de partager et faire comprendre son message de paix et d’espoir à toutes les cultures.

L’idée d’un événement récurrent se proposant comme un carrefour pour les artistes musicaux locaux d’origine maghrébine est venue en 1990 alors qu’aucune scène professionnelle ne leur était encore destinée. C’est l’artiste marocain Saïd Mesnaoui qui s’en est préoccupé à l’époque et qui a voulu changé les choses. Il s’est tourné vers Lamine Touré, fondateur des Productions Nuits d’Afrique, avec qui il a pactisé pour créer le tout premier Festival de Musique du Maghreb.

A l’occasion de cette édition anniversaire, il allait de soi que les Productions Nuits d’Afrique invitent Saïd Mesnaoui à se joindre à la programmation, lui qui a souvent participé au festival dans ses premières éditions et qui, preuve d’un grand attachement, y est revenu par intermittence depuis son départ pour la France en 1998.

Tout comme Karim Benzaid (Syncop) et Khalil Abouabdelmajid (Bambara Trans et Gnawa Dima), au programme du festival cette année, Saïd fait partie de ces nombreux artistes qui encouragent le métissage des genres et la fusion artistique.

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