Netanyahu en campagne à Londres et Paris contre un Etat palestinien

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Dans sa plaidoirie, M. Netanyahu compte exploiter à fond l’accord de réconciliation signé mardi entre le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Hamas, qui contrôlent respectivement les zones autonomes de Cisjordanie et la bande de Gaza.
« J’appelle Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR) à abroger totalement l’accord avec le Hamas et à choisir la voie de la paix », a-t-il affirmé mardi lors d’une rencontre avec Tony Blair, l’envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, Union européenne et Russie).
« L’accord entre Abou Mazen et le Hamas porte un coup très dur au processus de paix », a ajouté M. Netanyahu, soulignant qu’il martèlerait ce message, notamment devant le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy.

Il a également tiré argument de la condamnation par le Hamas du raid américain qui a tué Oussama Ben Laden, qualifié de « moujahid » (combattant islamique).

Les Etats-Unis ont d’ailleurs estimé mardi que cette condamnation était « scandaleuse » tandis que la Grande-Bretagne critiquait l’attitude du mouvement islamiste palestinien.

Toutefois la tâche de M. Netanyahu s’annonce ardue.
« Si le processus de paix est toujours au point mort en septembre, la France prendra ses responsabilités sur la question centrale de la reconnaissance de l’Etat palestinien », a clairement prévenu M. Sarkozy dans un entretien à paraître mercredi.

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a en outre estimé que l’accord de réconciliation allait « dans la bonne direction », tout en appelant le Hamas à reconnaître Israël et renoncer à la violence, après son homologue britannique William Hague qui a exprimé lundi sa satisfaction « de principe ».

M. Netanyahu, qui a ordonné mardi le report d’une réunion consacrée à des projets de colonisation à Jérusalem-Est occupée et annexée, assure qu’il planche sur une nouvelle initiative de paix, dont il doit réserver la primeur au Congrès américain dans un discours à la fin du mois.

Prenant acte de l’échec des pourparlers de paix directs en septembre 2010, les négociateurs palestiniens ont adopté une stratégie visant à obtenir en septembre une reconnaissance à l’ONU d’un Etat palestinien sur les frontières de juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Israël et les Etats-Unis s’opposent à ce projet en affirmant que la seule solution passe par des négociations.

Les pays européens « sont déjà très absorbés par ce qui se passe en Libye et en Syrie », souligne le chercheur Jonathan Spyer, du centre Interdisciplinaire d’Herzliya, près de Tel-Aviv, qui ne prévoit pas de percée diplomatique durant la visite de M. Netanyahu.

Mais, selon l’analyste, les arguments israéliens contre la légitimité du Hamas, qui figure sur la liste des « organisations terroristes » de l’Union européenne (UE), devraient avoir un certain poids.
Un point de vue que ne partage pas le spécialiste diplomatique du Jerusalem Post, Herb Keinon.
« Depuis des mois, il y a des voix au sein de l’UE proclamant que la paix se fait justement entre ennemis (…), que le Hamas peut être apprivoisé et qu’aucun accord n’est possible sans ce mouvement islamiste », argue-t-il.
« Beaucoup en Europe vont estimer que le Hamas après cet accord est devenu pragmatique et plus modéré », analyse M. Keinon.

L’accord Fatah-Hamas prévoit essentiellement la formation d’un gouvernement d’indépendants pour préparer des élections présidentielle et législatives simultanées dans un délai d’un an.

AFP______________________

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