Nigeria: le président dénonce les complices de Boko Haram dans l’appareil d’Etat

Nigeria: le président dénonce les complices de Boko Haram dans l’appareil d’Etat

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Alors que Boko Haram multiplie ses attaques contre les chrétiens dans le nord musulman depuis l’expiration mercredi soir de son ultimatum exigeant leur départ, ces déclarations du président Jonathan interviennent dans un contexte social très tendu, à la veille d’une grève générale pour protester contre la hausse des prix du carburant.
« Certains (complices de Boko Haram) sont dans l’appareil d’Etat, certains font partie du parlement, d’autres encore agissent au sein du système judiciaire », a affirmé le chef de l’Etat lors d’une cérémonie religieuse.
« D’autres encore sont au sein des forces armées, de la police et des services de sécurité », a-t-il ajouté.

 

Les accusations de complicité entre Boko Haram et des membres de l’appareil d’Etat ne sont pas nouvelles, mais c’est la première fois que M. Jonathan l’affirme en des termes aussi forts, laissant entrevoir une dimension plus politique du conflit.
« Quelqu’un m’a dit que la situation était mauvaise, que même si son propre fils était membre de Boko Haram, il ne le saurait pas. Cela signifie que si on met une bombe derrière votre maison, vous ne ne le saurez pas », a-t-il observé.
« La situation à laquelle nous avons à faire face est pire que la guerre civile » des années 60, s’est-il alarmé, en référence à la guerre sécessionniste du Biafra (1967-1970) qui a fait plus d’un million de morts.
« Durant la guerre civile, nous pouvions savoir et même prévoir d’où venait l’ennemi. Mais le défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est plus compliqué », a expliqué le chef de l’Etat nigérian, faisant allusion au caractère imprévisible des violences.

Cette déclaration fait écho à l’inquiétude exprimée la veille par l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), qui regroupe protestants et catholiques.
« Ce type d’évènements nous rappelle les débuts de la guerre civile (…) », a estimé la CAN, évoquant « un nettoyage ethnique et religieux systématique ». « Nous avons le droit légitime de nous défendre (…) quoiqu’il en coûte », a averti cette même organisation.

Un leader de la Jama’atu Nasril Islam (JNI), un regroupement d’organisations musulmanes, a vivement réagi à cette mise en garde: « nous considérons ces affirmations comme une intimidation et une menace contre les musulmans nigérians ».

Depuis les sanglants attentats visant les célébrations du jour de Noël et qui avaient fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques ont fait plus de 80 tués. La majorité de ces raids ont été revendiqués par Boko Haram.

Le président Jonathan avait décrété le 31 décembre l’état d’urgence dans plusieurs Etats du centre et du Nord-Est. Des attaques islamistes ont depuis lors eu lieu dans des Etats voisins, même si elles n’ont pas encore fait tâche d’huile à Abuja, ou dans le sud à Lagos.

La dernière en date a eu lieu vendredi soir dans la ville de Biu (Etat de Borno), où des islamistes présumés ont tué samedi soir trois chrétiens qui jouaient au poker près d’une église.

Ces violences se déroulent sur fond de forte grogne sociale, alors que les principaux syndicats du pays ont appelé à une grève générale illimitée à partir de lundi pour protester contre la suppression des subventions sur les prix du carburant.

Annoncée par surprise le 1er janvier, cette mesure a eu pour conséquence immédiate le doublement des prix à la pompe. Des manifestations de protestation ont éclaté dans tout le pays, sévèrement réprimées par la police, ce qui a eu pour résultat d’alimenter encore un peu plus le mécontentement.

A Abuja comme à Lagos, les forces de sécurité ont pris position dès dimanche sur les principaux axes routiers.

Prises d’assaut par les automobilistes, de nombreuses stations services y étaient à court de carburant en fin d’après-midi, tandis que des habitants ont fait des stocks de nourritures.

Réunie en session extraordinaire, la chambre basse du parlement a voté une motion pour demander au gouvernement de faire marche arrière, tout en demandant aux syndicats de « suspendre leur projet de grève ».

La suppresion des subventions est très impopulaire au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique.
Cette nouvelle politique d’austérité est présentée par les économistes et le gouvernement comme une évolution vitale qui permettrait au pays de se doter enfin d’infrastructures et de réduire la pression sur ses réserves.

Selon le gouvernement, les subventions en 2011 ont coûté 8 milliards de dollars. Mais les Nigérians y voyaient le seul bénéfice de leur production pétrolière, dans un pays gangrené par la corruption.

AFP__________________

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