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Contrairement à ce que voudraient faire nous faire croire certains le Maroc est encore très loin d’être un champion en la matière. On vous explique comment et surtout pourquoi!

Nous sommes à la veille de l’année 2018, et la pensée unique continue de sévir dans notre pays , et malheureusement encore beaucoup plus dans les médias.
On l’a de nouveau constaté en début de semaine lors du  » One climate Summit  » qui s’est tenu à Paris en présence de Sa Majesté et où on a constaté que la majorité de nos envoyés spéciaux répétaient que le Maroc est un champion en Afrique en matière de lutte contre les changements climatiques alors que ce n’est même pas vrai car le Maroc avec sa politique de promotion des énergies renouvelables n’est qu’au début du chemin  !
Il est complètement contre-productif de déballer des contre- vérités car cela contribue à avoir un débat biaisé! Si Sa majesté lui même a récemment limogé des ministres et des hauts responsables ,  c’est que chacun à son niveau doit dénoncer tout dysfonctionnement afin que le pays puisse avancer et évoluer vers le meilleur.
Les béni oui-oui qui pensent faire plaisir au pouvoir ne peuvent pas en même temps être crédible sans être objectifs car pendant ce temps , ils ne rendent aucun service à leur pays!
Alors, contrairement à ce que voudraient faire nous faire croire certains le Maroc est encore très loin d’être un champion en la matière. On vous explique comment et surtout pourquoi!
Tout d’abord , il n’est plus approprié de parler aujourd’hui de lutte contre les changements climatiques car ces derniers sont désormais inéluctables et il est tout juste question à présent et dorénavant de s’adapter de la meilleure façon à leurs effets!
Le plan solaire marocain est certes très ambitieux à travers les mega-projets que tout le monde sait , mais ce plan demeure très insuffisant car nos villes sont très peu pourvues en énergie renouvelable propre et nos campagnes encore plus.
Nos seulement le milieu rural a très peu accès à l’énergie en général mais,  ce déficit créé des disparités sociales du fait de la pauvreté et des fractures qui déséquilibrent les milieux naturels en raison des besoins accrus en bois de chauffage !
Ces zones rurales ont besoin d’urgence de plans solaires qui desserviront les douars, écoles et autres en énergie propre .
Dans quelques semaines,  lorsque les zones de montagne enclavées seront isolées   du reste du pays du fait de la neige et du froid glacial , on constatera comme chaque année à la même période avec amertume et résignation l’énorme fracture qui nous sépare de ces marocains qui survivent sans énergie.
Et comme d’habitude,  on s’en remettra à Sa Majesté pour que les premiers secours arrivent à destination!
Un pays qui veut être champion de la lutte contre les changements climatiques ne sacrifie pas ses forêts en les condamnant à la disparition à court terme !
On ne peut s’empêcher de penser que le Maroc ne protège pas vraiment ses forêts puisque avec près de quarante mille hectares qui disparaissent chaque année , ces dernières sont franchement en danger.
Et lorsqu’on sait que les forêts sont essentielles en tant que puits de carbone , on peut affirmer que ce danger ne peut que s’accroître du fait justement des changements climatiques et de la désertification.
Car pendant ce temps,  nos hammams et nos fours engloutissent chaque mois des milliers de tonnes de bois sans oublier le bois de chauffe utilisé en milieu rural.
Concernant les ressources en eau , là non plus le Maroc protège très mal son eau potable et le gaspillage est devenu un vrai problème.
Non seulement le stockage des eaux usées n’est pas systématique pour protéger  l’environnement , et surtout réutiliser ces eaux usées dans l’arrosage des espaces verts , mais dans les villes l’on continue de sacrifier d’énormes quantités d’eau potable  produites très cher  pour arroser le gazon alors que dans certaines régions les populations en manquent terriblement.
Même constat concernant la gestion des déchets  solides puisque malheureusement , en général ils ne sont pas encore traités et transformés en énergie. Ce qui constitue un grand manque à gagner sur les plans écologique et économique.
Pour terminer , comment être un champion de la lutte contre les effets du changement climatique lorsque dans presque toutes nos villes  en majorité nos bâtiments,  hôtels et établissements touristiques,  hôpitaux et les autres infrastructures ne sont pas desservies en énergie propre et renouvelable.
Que dire de plus lorsqu’on a tout dit ou presque! ?
A bon entendeur salut!

Par Hafid Fassi Fihri

Actu-maroc.com

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