NOS IMMIGRÉS SONT-ILS DES CITOYENS DE SECONDE ZONE?

NOS IMMIGRÉS SONT-ILS DES CITOYENS DE SECONDE ZONE?

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En effet, ces derniers jours ont vu les ressortissants marocains établis en Libye, obligés de quitter ce pays en raison de la guerre civile qui y sévit mais qui ont du le faire sans l’aide des services diplomatiques et consulaires qui auraient ignoré leur sort en les exposant aux échanges de tirs avant qu’une décision ne soit prise pour organiser leur départ vers le Maroc via la frontière avec la Tunisie avant d’être transférés vers l’aéroport de Tunis où rien n’avait été prévu pour faire face à cet afflux massif notamment en termes de disponibilités d’avions de la RAM.

Il aura fallu, selon ces immigrés qui se disent traités comme des indésirables dans leur pays, une intervention royale pour qu’une cellule de crise se mette en place à Rabat et que la compagnie aérienne nationale programme plusieurs vols supplémentaires pour faire face à la demande. D’autres raconteront que pour gérer le flux des des milliers de marocains transitant par la frontière entre la Libye et la Tunisie, seule une poignée d’agents consulaires complètements dépassés, avait été envoyée dans la précipitation sans les compétences pour cette mission.

Pire encore, les marocains fuyant la Libye devaient au préalable s’acquitter de la somme de 500 dhs au paravent en guise de participation aux frais de transport sans contrepartie réelle. Les mêmes témoignages se répètent dans ce sens pour décrire ce sentiment d’abandon. le ministre de tutelle a beau déclarer que la situation est maîtrisée, les fait sont têtus et son département n’a pas de quoi être fier de sa gestion de la crise.

Ce ministre chargé des résidents marocains à l’étranger et des affaires de migration, Anis Birou,  a pu constater de lui-même, à quel point le fossé se creuse entre les résidents marocains à l’étranger et les institutions en charge de défendre leurs intérêts et de voler à leur secours quand la conjoncture l’impose.

Le week-end dernier, en présence du premier ministre au cours d’une cérémonie organisée à l’occasion de la célébration de la journée du migrant, au cours de laquelle le chef du gouvernement a improvisé un discours qui a déçu l’assistance, des incidents se sont produits et des slogans hostiles lancés à l’égard du CCME, le Conseil de la Communauté des Marocains de l’Etranger, dont les noms des responsable sont été hués pour leurs manquements à leur mission en les invitant à se démettre de leurs fonctions.

Il faut rappeler que tous les dossiers concernant cette communauté sont mis en veilleuse et que le gouvernement tarde à intervenir auprès de ses homologues dans les pays d’accueil quand leurs droits sont menacés, tout comme il reste sourd à régler définitivement la question de leur participation aux élections dont ils sont toujours privés bien que la nouvelle constitution leur garanti ce droit.

Jalil Nouri

Actu-maroc.com ________________________________________________________

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