Notre football et l’argent…le paradoxe qui dure

Notre football et l’argent…le paradoxe qui dure

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Un de plus.

Au début des années 80 alors jeune responsable naïf et fougueux au ministère de la jeunesse et des sports qu’elle ne fut ma surprise que celle de constater qu’il y avait au Maroc deux niveaux d’activités sportives: le football et le reste.                                                                                         Je m’étais rendu compte que le traitement n’était pas le même et que les exigences faites aux uns n’étaient pas faites à l’autre.
Pour l’anecdote à l’institut des sports Moulay Rachid et avant au centre national de Bellevue, les footballeurs avaient un traitement à part en logement et en nourriture.
Traitement discriminatoire entre les enfants d’un même pays. Exemple anodin mais combien significatif.
Cela complexait sûrement plus d’un sportif.
Mais qu’importe le football était et est le football…même quand il n’a pas de résultats ça ne fait rien.
En fait depuis déjà un bout de temps, chiffres à l’appui le football reçoit davantage de subsides à chacune de ses déconvenues contrairement aux autres disciplines sportives qui elles devaient réaliser des résultats positifs pour continuer à bénéficier de subventions misérables et de l’appui très timide de l’état. Comme  les déconvenues en football étaient  fréquentes et nombreuses, faites le compte…
Les plans de sauvetage répétitifs, les subventions exceptionnelles circonstanciées et les aides financières excessives tout court, n’ont cependant pas permis au Maroc ni de remporter une coupe africaine, ni de participer à une coupe du monde de football depuis déjà fort longtemps.
Qu’à cela ne tienne.
Paradoxalement dans une ambiguïté incompréhensible on continue à penser que c’a n’est qu’une affaire de finances et rien d’autre, alors on injecte de l’argent sans compter et un peu plus à chaque fois.
Jamais on ne s’est posé la question de savoir si cela était véritablement productif ou pas et si un effort identique avait été fait pour tous les autres sports confondus quel aurait été l’impact sur le sport et la jeunesse du pays.
Etonnement cette manière de penser et d’agir a été la même sous tous les gouvernements sans différence aucune.
Naguère sans argent, nous étions une puissance footballistique et sportive. Aujourd’hui personne ne nous prend plus au sérieux. Nous ne sommes plus que l’ombre de ce que nous avons été.
L’histoire nous apprend que nous fumes le premier pays du continent à participer à une coupe du monde de football et l’un des premiers pays africains à décrocher des médailles olympiques et des titres de champion du monde.
À chaque fois qu’on a injecté de l’argent dans le football on a accompagné cela de communiqués rassurants promettant qu’enfin on allait connaître le décollage tant attendu…
Cette fois ci est ce définitivement la bonne?
C’est le souhait et le vœu de toute la nation.
Je ne suis pas contre de tels actes politiques mais serais l’homme le plus heureux du monde si avant de traiter des centres de formations, de murs et de béton, l’accord signé consacrait l’essentiel…et l’essentiel se sont les ressources humaines.
Avant de construire des centres, des stades et autres infrastructures, il faut impérativement former des cadres et pas n’importe quel niveau de cadres. Il faut des pédagogues et des créatifs capables de former notre jeunesse de la meilleure des manières, en tenant compte de nos spécificités motrices, physiologiques, sociologiques et culturelles.
En quelques sortes de vrais cadres à la formation académique et à vocation universitaire.
C’est l’homme qui crée l’histoire et non les murs et c’est ici une opportunité d’emploi massif salvatrice par les temps qui courent.
Quand aux centres de formations, faisons déjà fonctionner convenablement ceux dont on dispose; certains sont entrain de tomber en ruine.
En attendant nous ne sommes pas présents au Brésil comme nous ne l’avons pas été en Afrique du Sud, sinon par notre drapeau que certains de nos compatriotes brandissent ça et là; une façon d’interpeller qui de droit.
Mais cela est une autre paire de manches.

Par Aziz Daouda

Actu-maroc.com______________________

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